VIDÉO - Paquets vides, intelligence artificielle... Face aux vols, les magasins britanniques durcissent le ton

par B.L. | Reportage TF1 : Elise Stern et Loéza Larvor
Publié le 15 octobre 2023 à 21h11

Source : TF1 Info

Au Royaume-Uni, comme en France, les vols à l'étalage explosent en pleine période d'inflation.
Alors les commerçants britanniques multiplient les systèmes de sécurité.
Vitres de protection, boites anti-vols, paquets vides... Outre-Manche, ces mesures divisent la population.

Du café soluble affiché à 7 euros et protégé comme s'il s'agissait du dernier smartphone. De la lessive dans une boîte en plastique impossible à dérober... Ces derniers temps, les supermarchés anglais s'arment contre les vols à l'étalage, en pleine explosion. L'association nationale des commerçant a estimé les pertes causées par ces vols à plus d'un milliard d'euros en seulement un an.

En mai dernier, l'un des magasins de l'enseigne Co-Op, qui compte plus de 7000 points de vente dans le pays, a même décidé d'expérimenter l'usage de boites vides dans les rayons. Pour acheter du café, il faut désormais le demander en caisse. Cette stratégie a été adoptée dans un magasin du sud de Londres. "Il s'agit de présentoirs vides sur lesquels nous ne gardons aucun stock. Ils sont toujours volés", se défend Benedict Selvaratnam, gérant du magasin Freshfields Market de Croydon, dans le reportage du 20H de TF1.

S'ils savent qu'ils ont été pris à cause de moi, ils m'insultent et me jettent des choses.
Rithou Vasu, employée du Freshfields Market de Croydon

En moyenne, il constate une dizaine de vols chaque jour, soit un manque à gagner de plusieurs milliers d'euros. Dans le même temps, le gérant a fait installer 45 caméras de vidéosurveillance. Mais cela ne semble pas suffisant. 

Certains voleurs, pris sur le fait, se montrent parfois agressifs à l'encontre du personnel du magasin. Des employés ont même démissionné, craignant pour leur sécurité. "S'ils savent qu'ils ont été pris en train de voler à cause de moi, ils m'en veulent. Ils m'insultent, ils jettent des choses contre le comptoir", explique Rithou Vasu, employée du magasin qui refuse désormais de travailler le soir.

L'inflation galopante, une explication à ce phénomène ?

Pour protéger ses employés et l'argent des caisses, le gérant du magasin s'est lancé dans un investissement conséquent : installer des vitres en verre renforcé. Une installation qui a un coût : plus de 7000 euros. Ce sont les mêmes vitres qui sont installées dans les banques.

Face à ces méthodes pour le moins radicales, les clients sont divisés. "S'ils doivent mettre les produits les plus essentiels dans ces étuis pour éviter le vol, c'est qu'ils ne devraient pas être aussi chers", estime une Londonienne rencontrée par les équipes du 20H de TF1. Selon les chiffres d'août dernier, l'inflation au Royaume-Uni s'élevait à 6,7% sur un an. Il s'agit du niveau le plus élevé de tous les pays du G7. "J'ai vu des gens utiliser leur t-shirt pour y mettre un tas de bonbons ou autres. C'est aussi simple que cela", raconte un autre.

Dans certains cas, les commerçants optent pour la pratique du "name and shame" en affichant les visages des voleurs présumés sur la devanture.

Contre cette tendance, des magasins font le choix de l'intelligence artificielle. "Lorsque les gens que l'on a bannis reviennent, on reçoit une notification avec leur photo", expliquait, en février dernier, le manager du supermarché Nisa Virginia Quay (est de Londres). Avec ce système, il est parvenu à réduire considérablement les vols à l'étalage : ils sont désormais dix fois moins nombreux.

En France, le nombre de vols à l'étalage a bondi de 14% en 2022. Les voleurs risquent alors jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.


B.L. | Reportage TF1 : Elise Stern et Loéza Larvor

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