VIDÉO - Sous-marin disparu près du Titanic : la descente était-elle risquée ?

par Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Antoine de Précigout et Alexandra Poupon
Publié le 21 juin 2023 à 23h06

Source : JT 20h Semaine

La course contre-la-montre s'accélère dans l'Atlantique Nord pour retrouver vivants les cinq occupants du submersible, parti explorer l'épave du Titanic.
En parallèle, des voix s'élèvent pour dénoncer le manque de fiabilité de cet engin, nommé Titan.

Le temps presse. Les réserves d'air respirable devraient s'épuiser ce jeudi 22 juin à bord du Titan, petit explorateur en eaux profondes de l'entreprise privée OceanGate parti explorer dimanche 18 juin l'épave du Titanic. "Il faut rester optimistes et garder espoir", a indiqué le capitaine Frederick, même s'il a reconnu que les opérations étaient rendues complexes par la surface et la profondeur de la zone de recherche, et la coordination entre "les multiples agences et pays" venues prêter main-forte. 

La France notamment a dépêché dix experts maritimes à Saint-Jean de Terre-Neuve, au Canada. Ils ont embarqué directement sur un bateau canadien. Direction : la zone de recherches où des "bang" ont été enregistrés mardi 20 juin par les sonars sur place. Des sons très faibles, mais qui suffisaient à faire renaître l'espoir que les cinq passagers du submersible étaient encore en vie à ce moment-là.

Une manette de jeux et des tuyaux usagés

Dans le même temps, depuis dimanche et le début des recherches, des détails mettant en cause OceanGate émergent, l'entreprise étant pointée du doigt pour de potentielles négligences dans la sûreté de son appareil de tourisme sous-marin. Ainsi, le hublot du Titan n'est pas homologué pour descendre à plus de 1300 mètres, alors que l'épave du Titanic est trois fois plus profonde. Tandis que la structure en carbone et en titane confère à l'appareil un poids léger de dix tonnes, mais pas forcément une résistance optimale. 

Plusieurs journalistes américains ont par ailleurs eu accès en 2018 au prototype du submersible. Sur une vidéo, l'un d'eux détaille ce qu'il a vu : "Une équipe de cinq personnes doit se presser pour rentrer à l'intérieur du Titan. Pour piloter l'engin, on utilise une manette". Ce type de manette pour jeux vidéo est disponible à la vente pour une trentaine d'euros. "Je ne pensais pas avant de le voir qu'on pilotait le Titan avec une manette de jeux, qu'il était fait de tuyaux de construction usés. On est arrivé, on a vu l'engin et on a commencé à s'inquiéter", commente David Pogue, expert scientifique à CBS, dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Selon le New-York Times, le directeur des opérations maritimes d'OceanGate, David Lochridge, a commencé à travailler sur un rapport à cette époque, d'après des documents judiciaires, produisant finalement un document cinglant dans lequel il a déclaré que l'engin avait besoin de plus de tests et a souligné "les dangers potentiels pour les passagers du Titan alors que le submersible a atteint des profondeurs extrêmes".

Certains passagers qui ont pu descendre jusqu'au Titanic avec ce submersible affirment également avoir rencontré des problèmes lors de leur expédition. "J'ai participé à quatre différentes descentes avec OceanGate et à chacune d'entre elles, on a rencontré des problèmes pour communiquer avec la surface", a raconté Mike Reiss. Tant que l'appareil n'aura pas été retrouvé, il est impossible de connaître les raisons de sa disparition.


Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Antoine de Précigout et Alexandra Poupon

Tout
TF1 Info