Aider les Ukrainiens

REPORTAGE - Groupe Mozart : comment ces ex-combattants d’élite internationaux viennent au secours des Ukrainiens

M.L | Reportage TF1 Michel Scott, Frédéric Petit et Gabriel Haurillon
Publié le 12 octobre 2022 à 15h10
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

À l'approche de l'hiver, souvent glacial en Ukraine, des dizaines de milliers d'habitants sont sans abri, parfois sans nourriture.
Le Groupe Mozart, composé de volontaires occidentaux, des anciens militaires des forces spéciales, participe à l'aide humanitaire sur le terrain, difficile à organiser.
Une équipe de TF1 a suivi plusieurs de ses membres.

Irlandais, Américains, Australiens... Tous anglophones ou presque, ces anciens militaires avec une expérience dans les forces spéciales viennent prêter main forte aux Ukrainiens. Ces volontaires se sont regroupés derrière le nom du Groupe Mozart, un intitulé qui vient comme une boutade s'opposer à celui du groupe Wagner, des paramilitaires à la sinistre réputation que la Russie est accusée de déployer en Ukraine aux côtés de son armée. "Certains pensent que c'est un pied-de-nez à leur égard, je ne sais pas, peut-être un peu", reconnaît Dayton, coordinateur de la cellule, dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. 

Sauf que ces vétérans ne rejoignent pas le combat eux-mêmes. lls organisent bien des formations pour les soldats ukrainiens, apprenant surtout aux novices à manier les armes à feu, mais aussi "la survie sur le champ de bataille", comme l'indiquait à l'AFP fin septembre le chef des opérations du groupe et ancien officier des Marines, Martin Wetterauer. Ils affirment en revanche ne mener aucune opération par eux-mêmes. Dans le reportage de TF1 ainsi, personne ne porte d'arme, bien au contraire. "Nous, on ne fait que de l'humanitaire", poursuit Dayton. 

Livrer de l'aide jusque sur les terrains les plus dangereux

Mais un humanitaire de la dernière chance, comme à Bakhmout, dans l'est de l'Ukraine, près de la ligne front. Après avoir rempli leurs coffres de sacs de denrées, ils s'enfoncent en voiture dans des quartiers qui ont été pilonnés, qui en portent encore les violents stigmates. Sur l'une des voies, le bitume est perforé d'un cratère de plusieurs mètres de profondeur, bordé de pierres et de débris.

De par ses effectifs restreints, entre 10 et 25 personnes selon les périodes de l'année, le groupe est capable d'aller plus loin que "les grosses organisations" sur les zones délicates, expliquait quelques jours plus tôt à l'AFP l'un des membres, Steve, un ancien Marines américain de 52 ans. Selon lui, Mozart a "peut-être livré environ 12 tonnes de nourriture" jusqu'alors, des paquets fournis par l'ONG World Central Kitchen.

Parmi l'équipe qui remet ces colis, se trouve un Français, nommé Desbs, un nom de code à cause des risques extrêmes auxquels son engagement l'expose, dont il est bien conscient. "Wagner est en face, on est souvent très proches d'eux, à une dizaine ou centaine de mètres parfois", affirme le volontaire, des lunettes de soleil sur le nez et un gilet pare-balles harnaché aux épaules, sur lequel est accroché un talkie-walkie.

L'évacuation des habitants en danger, mission délicate

Sur le chemin retour, l'évacuation d'urgence fait aussi partie de la mission du groupe Mozart : des personnes sont à exfiltrer d'un village sur les hauteurs de Bakhmout, secteur où les obus tombent en permanence. Deux civils signalés se sont réfugiés dans une cave, mais restent introuvables. Les anciens militaires découvrent pourtant dans un abri de fortune des signes de leur présence très récente, comme des lits, serrés les uns à côté des autres, aux draps froissés.

Les équipes parcourent les environs de l'immeuble à leur recherche, tandis que la cadence de bombardements tous proches retentit. "Les gens se déplacent, c'est normal, ils ont peur. Ils vont d'un bâtiment en ruine à l'autre", décrit Desbs. "Je ne sais pas ce qui s'est passé ici récemment, mais ça a l'air de taper." 

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Finalement, les deux candidats au départ sont enfin localisés, un couple âgé dont le voisin a été tué la veille. Le groupe Mozart les prend en charge rapidement pour les mettre à l'abri du côté de Kramatorsk, dans la région de Donestk, où ils rejoignent d'autres déplacés. Demain, il recommencera la même opération, comme chaque jour. "Nous avons un très petit impact stratégiquement sur le déroulement du conflit, on le sait", reconnaissait auprès de l'AFP Martin Wetterauer, mais "pour nous tout réside dans le fait de sauver des vies", par l'aide humanitaire et la formation militaire.


M.L | Reportage TF1 Michel Scott, Frédéric Petit et Gabriel Haurillon

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