Invasion russe en Ukraine : Poutine refuse de céder

Ukraine : les bombardements contre Kharkiv sont un "crime de guerre", dénonce le président Zelensky

La rédaction de TF1info (avec AFP)
Publié le 1 mars 2022 à 10h56, mis à jour le 1 mars 2022 à 14h51
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Source : JT 13h Semaine

La deuxième ville du pays est toujours la cible de l'armée russe, qui intensifié lundi son offensive sur la commune.
Selon le gouverneur de la région, "le centre-ville de Kharkiv et des quartiers résidentiels" sont visés.
Le président ukrainien a accusé le Kremlin d'un "crime de guerre" et déploré "des dizaines de victimes humaines".

Depuis le coup d'envoi de l'offensive russe, lancée jeudi à l'aube, Kharkiv est la cible des forces russes. Le centre de la deuxième ville d'Ukraine, située à une quarantaine de la frontière russe, est bombardé par l'armée russe, a annoncé mardi sur Telegram le gouverneur de la région, Oleg Sinegoubov. "L'occupant russe continue d'user d'armes lourdes contre la population civile", a-t-il écrit, publiant des images d'une énorme explosion sur la place centrale de la ville, où se trouve le siège de l'administration locale.

"Aujourd'hui, notre ennemi a sournoisement commencé à bombarder le centre-ville de Kharkiv et de quartiers résidentiels", a-t-il dit dans une vidéo, où il porte casque et gilet pare-balles. Kharkiv, une ville largement russophone à la frontière avec la Russie, a une population d'environ 1,4 million d'habitants. Elle est ciblée par les forces russes depuis le début de l'assaut lancé jeudi sur ordre du président russe Vladimir Poutine. 

"Du terrorisme d'État" selon le président ukrainien

"La frappe contre Kharkiv est un crime de guerre. C'est du terrorisme d'État", a affirmé Volodymyr Zelensky dans une adresse vidéo publiée sur Telegram. "Ils avancent sur la capitale comme sur Kharkiv. Voilà pourquoi la défense de la capitale est aujourd'hui la priorité clé" de l'Ukraine, a-t-il ajouté. Quelque temps après, face au Parlement européen, "des missiles de croisière ont été tirés", a-t-il affirmé, déplorant "des dizaines de victimes humaines"

Selon les secours, au moins 10 morts ont été constatés dans le bombardement au centre de la ville. "Au moins dix personnes ont été tuées, plus de 20 blessées. Les secouristes et les volontaires ont sauvé des décombres 10 personnes, selon un décompte préliminaire", a indiqué le service ukrainien des situations d'urgence, diffusant des images des secours sortant des victimes des gravats d'un bâtiment. 

"Il y avait des jeunes, des activistes qui se réunissaient sur la place de la Liberté", où "deux missiles de croisière ont été tirés", a déploré le président, avant de changer de ton : "Même si on encercle et attaque nos villes, personne ne pourra percer nos défenses. (...) Personne ne nous brisera, nous sommes forts, nous sommes Ukrainiens". "Les bombardements russes contre les infrastructures civiles à #Kharkiv violent les lois de la guerre", a déclaré de son côté le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell sur Twitter. "L'UE est aux côtés de l'Ukraine dans ces moments dramatiques", a-t-il ajouté.

Moscou affirme ne pas viser les zones civiles, alors que des quartiers résidentiels sont bombardés. Sur Twitter, les images d'immeubles ravagés circulent, à retrouver dans la vidéo en tête d'article. La directrice de recherche du think tank ukrainien European Expert Association, Maria Avdeeva, a partagé une vidéo montrant selon elle "l'attaque au missile contre l'administration régionale de Kharkiv", ajoutant que des bombardements avaient lieu "sur des zones résidentielles". Une explosion a en effet eu lieu devant le parlement régional, situé sur la place centrale de la ville, la place de la Liberté, où se trouvaient des stands, heureusement vides, où se rassemblaient des militants pro-démocratie. Abîmé, le bâtiment reste toutefois debout. "Poutine est maintenant en guerre totale avec l'Ukraine", a-t-elle écrit.

"Le déplacement dans la ville est beaucoup trop dangereux, à cause des feux, il y a trop de risques", a témoigné sur LCI Anna, habitante franco-ukrainienne de la banlieue de Kharkiv, qui indique entendre "les tirs" même depuis chez elle. Elle a souligné les problèmes d'approvisionnement en eau dans la ville, ajoutant que "des enfants naissent dans les caves, des blessés, des animaux restés sans leurs maîtres". "Pour moi, c'est décidé, j'attends un cessez-le-feu" pour fuir la ville, a-t-elle ajouté, disant craindre le bombardement des lignes de train.

Le témoignage d'Anna, une Franco-Ukrainienne de la banlieue de KharkivSource : TF1 Info
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Vladimir Poutine "va aller à l'escalade" face à la résistance ukrainienne, "il va essayer d'avancer coûte que coûte et aujourd'hui, ce qu'il se passe à Kharkiv, c'est vraiment le début d'un massacre", s'est inquiété sur LCI ce mardi le député européen Place publique et essayiste Raphael Glucksmann

Déjà plusieurs morts déplorés lundi

Lundi, des tirs russes ont déjà fait plusieurs morts parmi les civils, dont des enfants : le maire de Kharkiv, Igor Terekhov, cité par des médias ukrainiens, a raconté que des véhicules blindés et des chars russes étaient "partout près de la ville". Selon la mission spéciale de l'OSCE, de multiples explosions ont retenti lundi dans et près de ces deux villes. Des immeubles résidentiels de plusieurs villes ont été ciblés faisant des blessés, d'après l'agence de presse Interfax-Ukraine.

Au total, les forces russes ont lancé 113 missiles tactiques depuis le début de l'invasion, a précisé lundi soir Valéri Zaloujny, chef des armées ukrainiennes. Face au présage de combats d'ampleur pour le contrôle de Kiev, le président Volodymyr Zelensky a appelé la communauté internationale à "considérer une fermeture totale du ciel pour les missiles, avions et hélicoptères russes".

Par ailleurs, au moins 70 soldats ukrainiens auraient été tués dans des bombardements lundi dans une autre ville du nord-est, Okhtyrka, dans la région de Soumy, selon le gouverneur régional, un bilan que l'armée, contacté par l'AFP, n'était pas en mesure de confirmer. "Hier, l'artillerie de l'ennemi a frappé l'unité militaire. Nous continuons de trouver des corps sous les décombres", a déclaré sur Telegram le chef de l'administration régionale Dmytro Zhyvytskyy. Il y a aussi "beaucoup de corps russes dans la ville", a-t-il écrit. Il a publié des images de bâtiments calcinés et de personnels de secours retournant les décombres. 

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Le conflit a jeté sur les routes des flots d'Ukrainiens, dont plus de 500.000 ont fui vers les pays voisins, a déclaré lundi le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés. L'UE s'attend à plus de sept millions de personnes déplacées. Le bilan humain reste incertain. L'Ukraine a, elle, annoncé que 350 civils étaient morts depuis le début de la guerre jeudi. L'ONU a parlé lundi de 102 civils tués et de 304 blessés mais les chiffres réels sont "considérablement" plus élevés.  La Russie a admis que des soldats russes étaient morts en Ukraine, sans en préciser le nombre. 


La rédaction de TF1info (avec AFP)

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