Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

DOCUMENT TF1 - Ukraine : au cœur de la guerre de com’ menée par l’armée russe

Maxence GEVIN | Reportage TF1 Jérôme Garro
Publié le 29 mars 2022 à 9h53
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Un mois après le début de l'invasion de l'Ukraine, l'armée russe peine à obtenir des succès - qu'ils soient territoriaux ou stratégiques.
Moscou multiplie les opérations de propagande depuis quelques jours.
Une équipe de TF1 a assisté à l'une d'entre elles.

Quand l’armée russe convoque les médias… pour de la propagande. Un mois après le déclenchement des hostilités en Ukraine, la Russie peine à obtenir de résultats probants sur le terrain. Sa stratégie de communication, elle, est bien rodée. Le Kremlin a ainsi "invité", c'est le mot utilisé par les militaires russes, la presse internationale à une visite des trophées - comprendre le matériel ukrainien capturé - dans le Donbass. "Ça, c'est un système d’artillerie mobile. On l’a récupéré près d’un village ukrainien", assure un soldat russe au micro de Jérôme Garro, envoyé spécial de TF1 sur place. "Regardez, ce modèle a été amélioré par les Ukrainiens. Une station de radio américaine a été ajoutée", lance-t-il encore, en désignant un autre véhicule. 

Plus loin, il y a aussi des équipements vendus ou livrés par des pays étrangers. Ces militaires russes montrent, pour la première fois à la presse occidentale, des lance-missiles anti-chars retrouvés sur le champ de bataille. "C’est assez facile à manipuler. Cela peut percer un blindé à courte distance", détaille l'un des militaires. "Ça a été produit par les Suédois et les Britanniques. On en a récupéré une trentaine et nos soldats apprennent à s’en servir désormais", ajoute-t-il. Avec ces expositions dignes d'un musée, Moscou semble clairement marteler le message suivant : "les livraisons d’armes ne nous empêcheront pas d’aller au bout de nos opérations"

Convois alimentaires et formation militaire

En parallèle, les journalistes ont été escortés par l’armée au plus près de la ligne de front. "Nous sommes dans un village conquis par Moscou il y a trois semaines. Aujourd’hui, ce qui est mis en avant, c'est la distribution d’aide alimentaire", explique Jérôme Garro. Du pain, des biscuits, des produits d’hygiène sont livrés par des camions marqués du Z. Ce sont essentiellement des Russophiles qui attendent patiemment leurs rations. "Moi j’ai vécu la Seconde Guerre mondiale quand j’avais 5 ans. C’était moins terrible que maintenant", ose une femme âgée au micro de TF1. "Parce que quelqu’un a voulu jouer à la guerre, les gens comme nous en subissent les conséquences. On vit dans les caves. Certains d’entre nous n’ont plus de maison", abonde un autre habitant.

C’est cette population du Donbass que la Russie souhaite ramener dans le giron du Kremlin. À Lougansk, grande ville du Donbass - région dont le Kremlin veut ramener la population dans son sillage -, notre équipe a été invitée à une cérémonie patriotique avec des adolescents qui ont suivi une formation militaire. "J’aime beaucoup ces études militaires. J’ai appris le tir. Je sais monter et démonter une kalachnikov", déclare fièrement une jeune femme qui dit avoir "l'esprit guerrier". 

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Avec cette visite sur le terrain, la première organisée par Moscou, la Russie espère donner plus de poids à sa version et à son récit des événements. Le tout dans un contexte où la liberté d'expression et d'information de sa population a été considérablement réduite. 


Maxence GEVIN | Reportage TF1 Jérôme Garro

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