"Urgence" sur le pont de Crimée, combats intenses à l'Est, accord céréalier… Le point sur la situation en Ukraine

par M.L (avec AFP)
Publié le 17 juillet 2023 à 8h42, mis à jour le 17 juillet 2023 à 8h51

Source : TF1 Info

Un incident s'est produit sur le pont de Kertch reliant la Crimée à la Russie, faisant deux morts selon les autorités russes.
Des combats intenses ont eu lieu dimanche sur le front est, tandis que la contre-offensive ukrainienne arrache péniblement quelques km2 aux Russes.
L'accord céréalier conclu entre Kiev et Moscou touche à sa fin, sans prolongation en vue.
Le point sur les faits marquants des dernières 24 heures du conflit.

"Urgence" sur un important pont de Crimée. La circulation a été interrompue sur un important pont reliant la Crimée, annexée par Moscou en 2014, à la région russe de Krasnodar après un incident, ont fait savoir des responsables et des médias russes dans la nuit de dimanche à lundi, sans toutefois préciser la nature de l'évènement. "Une urgence s'est produite dans la zone du 145e pilier depuis le territoire de Krasnodar", situé dans le sud-ouest de la Russie, a indiqué le gouverneur russe de la péninsule annexée de Crimée Sergueï Aksionov sur Telegram. Selon le gouverneur de la région russe de Belgorod Vyacheslav Gladkov, deux personnes ont été tuées, un père et une mère, tandis que leur fille a été blessée. 

Des blogueurs et des médias russes ont indiqué que deux explosions s'est produites au niveau du pont tôt lundi. Au cours des derniers mois, les forces ukrainiennes avaient été accusées par Moscou d'être responsables de deux attaques : l'une contre ce même pont qui enjambe le détroit de Kertch, déjà touché par une explosion en octobre 2022, puis contre le pont de Tchongar, visé par une frappe en juin dernier.

Une attaque de drones repoussée en Crimée selon Moscou. Quelques heures avant cet incident, la Russie a affirmé dimanche avoir neutralisé au moins dix drones ukrainiens lancés en Crimée près de Sébastopol, quartier général de la flotte russe en mer Noire régulièrement ciblé par ce type d'attaques. Dans un communiqué, le ministère russe de la Défense a précisé qu'il n'y avait "pas de victime, ni de dégâts après cette attaque terroriste avortée".

La contre-offensive ukrainienne ralentie par la défense russe

Les combats font toujours rage à l'est. Sur le terrain, la vice-ministre ukrainienne de la Défense Ganna Maliar a fait état dimanche de "féroces combats" sur le front est avec les forces russes. La contre-offensive ukrainienne se heurte à des contre-attaques russes dans certaines zones, les forces de Moscou ayant le temps d'établir de solides défenses, dont de redoutables champs de mines, et disposant toujours d'une importante puissance de feu pour pilonner les forces ukrainiennes. Mais Kiev assure que son armée progresse lentement autour de la ville dévastée de Bakhmout, tombée sous contrôle russe en mai après des mois d'affrontements meurtriers. Ganna Maliar a indiqué lundi matin sur Telegram que ses forces avaient repris 18 km2 aux forces russes sur l'ensemble du territoire ukrainien en une semaine, dont 7 km2 autour de cette commune. Selon elle, Kiev a repris au total 210 km2 depuis le lancement de la contre-offensive, début juin. L'Ukraine assure aussi progresser dans le Sud, dans le but d'avancer vers la mer d'Azov pour couper les lignes russes et isoler la Crimée. 

Vladimir Poutine a affirmé de son côté, dans une interview à la chaîne de télévision Rossia-1 diffusée dimanche, que la contre-offensive ukrainienne lancée en juin n'enregistrait aucun progrès. "Toutes les tentatives de l'ennemi de percer notre défense (...), ont échoué depuis le début de l'offensive. L'ennemi n'a pas obtenu de succès", a assuré le dirigeant russe.

Bombe à sous-munitions : les menaces de Moscou. Au cours du même entretien, le chef du Kremlin a aussi affirmé que son armée disposait d'une "bonne réserve" d'armes à sous-munitions, en menaçant de l'employer sur le front en Ukraine si Kiev utilisait ce type d’armement qui lui sera livré par les États-Unis. "Jusqu'à présent, nous les avons pas employées, nous n'en avions pas la nécessité (...). Mais si elles sont utilisées contre nous, nous nous réservons le droit à des mesures de représailles", a-t-il menacé. Washington avait annoncé la livraison prochaine à l'armée ukrainienne de ces armes à l'usage très controversé, car les charges qu'elles dispersent peuvent faire beaucoup de victimes civiles collatérales.

Dernières heures avant l'expiration de l'accord céréalier. L'incertitude plane toujours ce lundi sur l'avenir de l'accord céréalier en mer Noire, à quelques heures de son expiration à minuit (21h GMT, 23h à Paris) à Istanbul. Tout le week-end se sont déroulées dans la discrétion des manœuvres de la dernière chance, conduites par la Turquie et l'ONU pour convaincre Moscou de prolonger cet accord signé en juillet 2022 sur le Bosphore et jugé crucial pour l'alimentation mondiale, car permettant le passage sécurisé des cargos depuis et vers les ports ukrainiens malgré la guerre. Mais la Russie n'a pas annoncé son feu vert et l'Initiative sur les céréales en mer Noire est désormais de facto à l'arrêt. Vladimir Poutine a notamment fustigé plusieurs fois les obstacles à l'exportation des produits alimentaires et engrais russes, qui devait accompagner celle des produits ukrainiens.


M.L (avec AFP)

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