Le 20h

VIDÉO - Mesures financières, traçage des touristes... Venise submergée par les visiteurs

M.G | Reportage TF1 François-Xavier Ménage, Lucas Lassalle et Bernard Bedarida
Publié le 5 août 2022 à 9h52
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

En plus du système de traçage déjà en place, Venise va instaurer, dans les prochains mois, un droit d'entrer à payer pour visiter la ville.
Le but est de mieux gérer le tourisme de masse.

Un immense succès populaire. Au début des années 1950, Venise enregistrait 50.000 touristes par an. Un chiffre qui se monte à près de 30 millions aujourd'hui (soit 600 fois plus). Ce flot humain, ininterrompu et toujours plus important, cause de nombreux dérèglements. Des nuisances sonores aux détériorations, en passant par la pollution, le tableau n'est pas reluisant. Même les professionnels locaux du tourisme commencent à être dépassés. "C'est un peu difficile car il y a un flux excessif de touristes dans la ville. Les transports publics n'arrivent plus à faire face", témoigne une serveuse au micro de TF1, dans le reportage en tête de cet article.

Conséquence directe, le centre se vide de ses habitants, qui sont désormais trois fois moins nombreux qu'il y a 60 ans. Venise ne compte aujourd'hui plus que 50.000 résidents permanents, alors qu'ils étaient encore 67.000 en 2016. 

Une surveillance systématique

Pour enrayer ce cercle vicieux, la municipalité a décidé de durcir le ton en matière de tourisme. Dans un premier temps, elle s'appuie sur les téléphones des visiteurs : en accord avec les opérateurs télécoms, elle capte toutes les connexions téléphoniques des antennes-relais. Cela lui permet de connaître les mouvements de chaque touriste, rue par rue. "Place Saint-Marc, il y a en ce moment presque 3000 personnes, dont 2273 sont des touristes étrangers", montre Marco Bettini, responsable du réseau informatique de la ville, sur l'un des écrans dédiés à la surveillance. En un clic, l'analyse s'affine encore. Ce jour-là, ce sont "d'abord des Allemands, puis des Américains, puis des Britanniques, puis des Français", qui visitent la Cité des Doges. En revanche, les données restent anonymes. 

En parallèle, pas moins de 600 caméras épient le moindre mouvement des piétons, bus et autres gondoles. "Certains se mettent en danger. On a même des touristes qui plongent depuis le pont Academia et du Rialto", justifie Marco Bettini. 

Vers un ticket payant modulable

Dans les mois à venir, une nouvelle mesure va également voir le jour. "Dans le centre, on accueille jusqu'à 150.000 touristes par jour. Forcément, ça provoque énormément des tensions dans la ville. Il faut donc qu'on arrive à décourager les touristes de venir à certains moments de l'année pour les encourager à venir à d'autres moments", commence Simone Venturini, élu chargé du tourisme auprès de la mairie de Venise

Dès le mois de janvier prochain, chaque visiteur devra acheter un ticket d'entrée, comme dans un musée, afin de profiter de la "Reine de l'Adriatique". "Le ticket d'entrée va aller de 3 à 10 euros. Plus la fréquentation sera importante, plus le prix sera élevé", indique Simone Venturini. "Le but est de décourager les touristes journaliers, pour qu'ils se reportent sur d'autres jours de la semaine ou de l'année", précise-t-il. À noter que les personnes dormant sur place, donc soumises à la taxe de séjour, en seront exemptées. 

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Outre les incitations et l'aspect pécuniaire, ce système de réservation permettra de savoir, à l'avance, combien de personnes seront présentes dans la ville à une date précise. De quoi simplifier la tâche à tous les professionnels de la restauration, de l'hôtellerie et des transports. Des contrôles inopinés seront organisés dans les rues et lieux très fréquentés pour veiller au respect de ce mécanisme. 


M.G | Reportage TF1 François-Xavier Ménage, Lucas Lassalle et Bernard Bedarida

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