Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

"Wuhan files" : ces documents selon lesquels la Chine a tenté de minimiser la crise du coronavirus

TG
Publié le 4 décembre 2020 à 7h05, mis à jour le 4 décembre 2020 à 7h32
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

WUHAN - Sur la base de documents transmis par un lanceur d'alerte, CNN a révélé mercredi 2 décembre que la Chine a minoré en début d'année la situation sanitaire et les bilans dans la région du Hubei.

Ce que la Chine savait du coronavirus… et ce qu'elle n'a pas dit. La chaîne CNN a mis la main sur un rapport confidentiel, long de 117 pages, rédigé par le Centre provincial de contrôle et de prévention des maladies du Hubei. Transmis par un lanceur d'alerte anonyme et rendu public mercredi 2 décembre, il éclaire d'un jour nouveau la façon dont, en février, les autorités ont géré les premiers cas à Wuhan.

Les documents, qui concernent une période allant d'octobre 2019 à avril 2020 critiquent un système de santé "inflexible, contraint par la bureaucratie et les procédures rigides, sous-équipé pour faire face à une crise émergente". Un système qui n'aurait pas su repérer les premiers cas : dès le 2 décembre 2019, une hausse inhabituelle des cas de grippe est en effet recensée dans la province du Hubei. Selon CNN, les autorités constatent 20 fois plus de malades que par rapport à décembre 2019, et précisent que la ville de Wuhan, considérée comme l'épicentre du coronavirus, est relativement épargnée (2.032 cas la semaine du 2 décembre). Contrairement à une poignée de villes proches, tel que Yichang (6.135 cas) et Xianning (2.148 cas).

Des décès au sein du personnel médical dissimulés

Autre information mise en lumière par CNN :  un rapport présent dans ces "Wuhan files", selon lequel, au 10 février 2020 les autorités recensaient six membres du personnel médical parmi les victimes du nouveau coronavirus. Or, leurs décès n'ont pas été rendus publics… Cela serait lié à la fronde observée à l'époque sur les réseaux sociaux, où les personnels médicaux recevaient un important soutien dans le sillage de la mort de Li Wenliang, un médecin de 34 ans qui travaillait dans l'un des principaux hôpitaux de Wuhan et qui est mort le 7 février.

Toujours selon les "Wuhan files", les autorités auraient minimisé le nombre de malades. Un exemple : les dirigeants du Hubei comptabilisent 5.918 nouveaux cas au 10 février, soit plus du double des cas annoncés officiellement à la même date, à savoir 2.478. Idem le 7 mars : seuls les trois quarts des cas sont publiés.

Sans surprise, la Chine s'est refusée à tout commentaire sur ces rapports. Tout sauf une première : depuis le début de la crise, elle a été accusée d'un manque de transparence dans sa gestion de l'épidémie et plusieurs pays dont les Etats-Unis ont demandé une enquête internationale sur le sujet, provoquant la colère de Pékin.