En Chine, la révolte contre le "zéro Covid"

Pékin annonce la répression face aux manifestations inédites en Chine

ER avec AFP
Publié le 30 novembre 2022 à 9h10
JT Perso

Source : TF1 Info

La Chine fait face à une contestation sans précédent ces derniers jours.
Des centaines de personnes ont défilé dans plusieurs grandes villes du pays durant le week-end contre la politique "zéro Covid".
Le gouvernement chinois a annoncé la répression de la mobilisation.

Des manifestations inédites se sont répandues dans plusieurs villes de Chine comme une trainée de poudre ces derniers jours. Les protestataires critiquent les restrictions sanitaires liées au Covid qui persistent dans le pays comme nulle part ailleurs. En réaction, ce mardi, le Parti Communiste Chinois a annoncé son intention d'appliquer une "répression des forces hostiles".

La Commission des affaires politiques et juridiques du Parti communiste chinois a plus précisément estimé qu'il était "nécessaire de réprimer les activités d'infiltration et de sabotage des forces hostiles conformément à la loi", selon le compte-rendu d'une réunion, diffusé par l'agence de presse étatique Chine nouvelle. Cet organisme responsable des forces de l'ordre juge crucial de "réprimer résolument conformément à la loi les actions criminelles visant à briser l'ordre social et protéger avec détermination la stabilité sociale". Actuellement, la présence policière dans les rues empêche toute nouvelle manifestation. 

La Chine tente de se dépêtrer de sa politique "Zéro Covid"

L'élément déclencheur de ces manifestations : un incendie mortel la semaine dernière à Urumqi, la capitale de la région du Xinjiang dans le nord-ouest. Les restrictions sanitaires sont accusées d'avoir empêché le travail des secours en condamnant des portes, des arguments balayés lundi par le gouvernement.

Les protestations ont lieu contre la "politique zéro Covid" drastique dans laquelle Pékin a enfermé le pays, en refusant d'utiliser sur son territoire les vaccins occidentaux plus efficaces et en maintenant des confinements quasi-constants, ainsi que des contrôles extrêmement strictes et quotidiens pour la population. Le taux insuffisant de vaccination en Chine, particulièrement chez les plus âgés, est l'un des arguments mis en avant par le gouvernement pour défendre sa politique sanitaire.  En parallèle de cette annonce, la Commission nationale de la santé s'est donc engagée à "accélérer la hausse du taux de vaccination des personnes âgées de plus de 80 ans et à continuer d'augmenter le taux de vaccination des personnes âgées de 60 à 79 ans". 

Charles Michel se rend à Pékin

Un soulèvement inédit sous ce régime totalitaire depuis les mobilisations pour la démocratie, réprimées dans le sang en 1989. Des protestations aussi étendues sont effectivement rarissimes en Chine, compte tenu de la répression de toute forme d'opposition au gouvernement. Derrière celles-ci se cachent aussi de profondes frustrations vis-à-vis du système politique, comme l'ont montré des slogans scandés par les manifestants, certains ayant exigé que Xi Jinping et le Parti communiste quittent le pouvoir.

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Les événements ont immédiatement suscité l'attention de la communauté internationale, le président du Conseil européen Charles Michel étant parti mardi soir pour Pékin où il rencontrera jeudi Xi Jinping. "Il abordera les questions des droits de l'homme et des libertés fondamentales" et "entend avoir un dialogue franc" avec le président chinois, a assuré à l'AFP un responsable européen. Londres a par ailleurs convoqué l'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni après l'interpellation dimanche d'un journaliste de la BBC qui couvrait les manifestations à Shanghai. Le président américain Joe Biden a quant à lui dit se tenir "informé". 

Dans cette "période de très grande incertitude", le Fonds monétaire international pourrait quant à lui devoir réviser à la baisse ses prévisions sur l'économie chinoise, a averti mardi sa directrice Kristalina Georgieva.


ER avec AFP

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