Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa, ex-bras droit de Mugabe, élu président dès le 1er tour, l'opposition conteste

La rédaction de LCI
Publié le 3 août 2018 à 8h31
Zimbabwe : Emmerson Mnangagwa, ex-bras droit de Mugabe, élu président dès le 1er tour, l'opposition conteste

Source : MARCO LONGARI / AFP

TENSION - L'élection de Emmerson Mnangagwa, l'ancien bras droit de Robert Mugabe, à la présidence du Zimbabwe, jeudi 2 août, a été immédiatement rejetée vendredi par l'opposition. Le pays est placé sous le contrôle de l'armée et 6 personnes sont mortes lors d'une manifestation de l'opposition.

Depuis son indépendance en 1980, le Zimbabwe a connu deux présidents. Le premier, Robert Mugabe, a dirigé le pays pendant 37 ans avant d'être écarté par l'armée en novembre 2017. Le second, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a été officiellement élu dans la nuit de jeudi à vendredi. Cet ex-bras droit de Mugabe, président par intérim depuis novembre, a a obtenu 50,8% des voix au premier tour, contre 44,3% pour son principal adversaire, Nelson Chamisa. 

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Mercredi, la répression d'une manifestation d'opposant fait 6 morts

Dès l'annonce des résultats officiels, l'opposition a rejeté la victoire de Mnangagwa et annoncé qu'elle allait saisir la justice. "Les résultats sont faux, (...), nous allons dénoncer l'ensemble du processus", a déclaré le porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le parti de Nelson Chamisa.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, les rues de la capitale Harare et du fief de l'opposition, Bulawayo, étaient quasiment désertes, rapporte l'AFP. Le gouvernement avait prévenu mercredi qu'il ne "tolérerait" aucune contestation, après la répression par l'armée d'une manifestation d'opposants, causant la mort de 6 personnes.

L'UE dénonce des "intimidations d'électeurs" et le "manque de confiance dans le processus électoral"

Les manifestants dénonçaient des fraudes dans le processus électoral. Avant même les élections générales, qui ont eu lieu le lundi, l'opposition dénonçait le manque de transparence de la commission électorale (ZEC), alors que ce scrutin historique devait marquer un tournant dans l'histoire du pays, après plusieurs décennies d'élections régulièrement entachées de fraudes et de violences. 

Ce mercredi, l'Union européenne s'est inquiétée de "l'inégalité des chances" entre les candidats, des "intimidations d'électeurs et du manque de confiance dans le processus électoral" qui ont "miné l'environnement pré-électoral". Dans ce contexte, les Zimbabwéens s'étaient malgré tout déplacés dans le calme et en masse pour voter. 


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