Zones "anti-LGBT" : sous la pression de l'Union européenne, la Pologne recule

T.G avec AFP
Publié le 28 septembre 2021 à 7h14
Zones "anti-LGBT" : sous la pression de l'Union européenne, la Pologne recule

Source : Wojtek RADWANSKI / AFP

CONTROVERSE - Les trois régions de Pologne ayant pris la décision de créer des "zones sans idéologie LGBT" ont fait marche arrière face à la pression de Bruxelles. Mi-juillet, la Commission européenne avait entamé une procédure d'infraction contre la Pologne.

La pression exercée par l'Union européenne aurait portée ses fruits. Lundi, les trois régions polonaises de Cracovie, de Rzeszow et de Lublin, au sud et à l'est du pays, ont décidé de faire marche arrière et de renoncer à devenir des  "zones sans idéologie LGBT".  La semaine dernière, c'était celle de Kielce qui renonçait à ce statut.

En Pologne, une centaine de collectivités locales constituant près du tiers du territoire national avaient adopté depuis 2019 une résolution "anti-idéologie LGBT" ou une "charte des droits des familles". La plupart sont situées dans le sud-est et l'est, des zones traditionnellement très catholiques.  Celles qui ont renoncé récemment à ces zones polémiques les ont remplacées par des déclarations rappelant leur attachement à la tolérance, au christianisme ou encore au rôle traditionnel de la famille dans la vie  la société polonaise.

D'après la presse polonaise, les abrogations de ces zones tombent les unes après les autres en Pologne ces dernières semaines,  "sous la pression de l'Union européenne", comme le note le quotidien de gauche Polityka

À la mi-juillet, la Commission européenne avait en effet entamé une procédure d'infraction contre la Pologne pour ces zones, considérées comme discriminatoires à l'encontre des personnes LGBT. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait fustigé des "zones sans humanité" qui "n'ont pas leur place" dans l'UE.

Le risque de sanctions économiques

Bruxelles avait en outre envoyé une lettre de mise en demeure à l'exécutif polonais, dominé par les conservateurs du parti Droit et justice (PiS), et suspendu les négociations avec cinq régions autour du versement de fonds du programme de soutien à la reprise en faveur de la cohésion REACT-UE. 

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Fin septembre, le journal Polityka calculait le manque à gagner pour la région de Cracovie si Bruxelles venait à couper dans les aides perçue par la Pologne : "La région pourrait ne plus obtenir (d'aide européenne), tout d'abord, les 33,5 millions d'euros du fonds REACT-EU (...). Dans un second temps, il est possible que les négociations sur les programmes opérationnels régionaux pour les années 2021-2027 (il s'agit de fonds pour les infrastructures, les routes, la culture, la régénération urbaine, l'éducation, etc.) bloquent, soit un montant d'environ 2,32 milliards d'euros." 


T.G avec AFP

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