Le metteur en scène Thomas Jolly sera à la baguette des cérémonies d’ouverture et de clôture des JO 2024 à Paris.
Alors que la participation potentielle d’Aya Nakamura fait l’objet de violentes attaques, le metteur en scène a pris sa défense sur les réseaux sociaux.
L’occasion de revenir sur le parcours d’un prodige de la scène qui adore revisiter les classiques d’hier avec les codes d’aujourd’hui.

Le comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris l’a choisi pour "sa capacité à provoquer la rencontre entre les cultures académiques et le grand public". Prodige du théâtre français, le comédien et metteur en scène Thomas Jolly, 42 ans, planche sur une cérémonie d’ouverture qui suscite déjà bien des débats. Pour des raisons de sécurité puisque la jauge de spectateurs n’en finit plus d’être réduite sur ordre du ministère d’Intérieur. Mais aussi en raison de son contenu, source de bien des spéculations.

Dans une enquête publiée fin février, L’Express révélait qu’à la demande d’Emmanuel Macron, Aya Nakamura aurait été conviée à chanter Edith Piaf sur les berges de Seine le 26 juillet. Une "rumeur" qui a donné naissance à une vive polémique, des réseaux sociaux aux plateaux de télé en passant par le meeting de lancement de la campagne européenne de Reconquête, le mouvement d’Eric Zemmour, dimanche dernier…

Les cérémonies s’élèveront contre toute forme de discrimination
Thomas Jolly sur X

Dans un message posté lundi dans la soirée sur X, Thomas Jolly s’est dit "profondément choqué par le racisme dont est victime Aya Nakamura". Sans confirmer la participation de l’interprète franco-malienne de "Djadja", il promet que "les cérémonies s’élèveront contre toute forme de discrimination. La France, à travers une mosaïque de talents, célébrera la beauté et la richesse de sa diversité."

Précipitée par l’actualité, cette déclaration d’intention résume bien le parcours d’un artiste qui adore revisiter les classiques d’hier avec les codes d’aujourd’hui. Fils d’une infirmière et d’un imprimeur, Thomas Jolly est né à Rouen où il s’est passionné pour le théâtre dès la petite enfance. À 21 ans, il rejoint le Théâtre national de Bretagne dirigé par Stanislas Nordey avant de se lancer en 2010 dans sa propre mise en scène de Richard III.

De Shakespeare à Starmania

De l’Odéon à Avignon, ses représentations marathons séduisent par leur caractère flamboyant, avec des emprunts assumés à Game of Thrones, Star Wars et la série fantastique Les Revenants. Ce touche-à-tout s’essaie ensuite à l’opéra avant de prendre les commandes du Centre d’art dramatique d’Angers en 2020. Durant la pandémie, il crée encore l’événement en jouant Roméo et Juliette… sur son balcon.

Le Covid sera responsable du faux-départ d’une nouvelle version de Starmania, sa première incursion dans l’univers des comédies musicales grand public qui voit finalement le jour à l’automne 2022. Sous sa direction, le spectacle mythique de Luc Plamondon et Michel Berger, créé dans les années 1970, s’offre une nouvelle jeunesse en faisant écho aux périls de notre époque.

"Je pense à l'éco-anxiété, aux émissions pour devenir une star, aux chaînes d'info en continu, aux violences urbaines ou encore aux magnats de la politique venant plus ou moins du show-biz", confiait Thomas Jolly à TF1 en novembre dernier. "Je dis souvent que Starmania, c'est le Black Mirror de l'époque !", ajoutait-il en référence à la série d'anticipation de Charlie Brooker. Après avoir joué les prolongations à la Seine Musicale, son Starmania est actuellement en tournée dans toute la France.

C’est avec la même approche décomplexée qu’il a conçu les cérémonies d’ouverture et de clôture des JO 2024. "C'est toujours une photographie d'un pays à un instant donné", nous racontait-il. "Il faut que ce soit un moment qui permette de non seulement de nous fédérer dans le pays, mais aussi avec le monde entier. Moi, j'ai envie que ce soir-là, on se rassemble dans une sorte de célébration de notre humanité." Tout le monde n'est pas (encore) du même avis...


Jérôme VERMELIN

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