Nation majeure de la discipline, la Russie n'enverra aucun de ses tireurs, éligibles sous le statut d'athlète individuel neutre, aux JO de Paris cet été.
La Confédération européenne a annoncé, mardi 23 avril, que les escrimeurs russes et biélorusses ne se sont pas inscrits au tournoi de qualification olympique, organisé cette semaine au Luxembourg.
Ce parti pris va recomposer tout le plateau olympique.

Un boycott qui ne dit pas son nom. Il y a un an, le président du Comité olympique russe, Stanislav Pozdniakov, laissait planer la menace de ne pas envoyer ses escrimeurs à Paris. Raison avancée : ses meilleurs tireurs ont été jugés inéligibles au statut d'athlète individuel neutre (AIN) par la Fédération internationale d'escrime (FIE). À commencer par sa fille Sofia Pozdniakova, championne olympique en titre de sabre en individuel et par équipes. 

"J'ai discuté à plusieurs reprises avec des membres de l'équipe nationale. (...) Et je peux dire qu'aucun d'entre eux n'a envisagé et n'envisage l'option de participer à des tournois internationaux dans le cadre des restrictions existantes", affirmait l'ancien sabreur russe, médaillé d'or dans la discipline aux Jeux d'Atlanta en 1996. 

"Aucun des escrimeurs russes n'ira à ces Jeux olympiques", a annoncé, le 11 avril, le président de la Fédération russe, Ilgar Mamedov, au site spécialisé Sports.ru, dénonçant le cadre très strict de neutralité fixé par le CIO (participation sous bannière neutre, à titre individuel, ne pas soutenir la guerre en Ukraine ou avoir un lien avec l'armée...). "Nous avons clairement indiqué notre position de principe : nous n'allons pas diviser notre équipe en ceux qui plaisent à l'Occident et en ceux qui, à leur avis, sont de 'mauvais Russes'". 

La raison de leur absence n'est pas connue
Giorgio Scarso, président de la Confédération européenne d'escrime

Une menace qui a, semble-t-il, été mise à exécution. "Il n'y a malheureusement pas d'athlètes russes ou biélorusses", a officialisé, mardi 23 avril, lors d'une visioconférence le président de la Confédération européenne d'escrime, Giorgio Scarso, bien que certains aient participé au circuit de la Coupe du monde en tant qu'athlète individuel neutre (AIN) et qu'ils étaient éligibles à l'une des six places mises en jeu au tournoi de qualification olympique (TQO) de la zone Europe, organisé le week-end prochain à Differdange, au Luxembourg.

"La limite d'inscription est passée", s'est-il étonné, alors que ce TQO était leur seule chance de voir Paris cet été. "La raison de leur absence n'est pas connue, il n'y a pas de déclaration ou de lettre officielle pour l'expliquer." 

Un acte de contestation qui devrait rester de l'ordre du symbole, à trois moins de l'ouverture des JO de Paris. "Nous ne devons pas nous détourner, nous fermer, boycotter", soulignait, le 13 mars, le ministre russe des Sports russe, Oleg Matytsine. "Nous devons, autant que possible, préserver la possibilité de dialoguer et de participer à des compétitions."


Yohan ROBLIN

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