Icône du handisport français, Arnaud Assoumani sera l'un des fers de lance tricolores lors des Jeux paralympiques de Paris 2024 organisés cet été.
À 98 jours de l'ouverture, le champion olympique de saut en longueur en 2008 à Pékin va tourner les projecteurs du monde entier sur l'événement.
L'athlète multimédaillé, que l'on sait grand fan de cinéma, va porter, mardi 21 mai, la flamme olympique sur le tapis rouge du festival de Cannes.

Vous allez le voir placarder en 4x3 sur les bus, dans les couloirs du métro, ainsi qu'aux abords des sites hôtes. Son visage est l'un de trois retenus par Paris 2024, avec la joueuse de tennis fauteuil Pauline Déroulède et le champion d'Europe de cécifoot Gael Rivière, pour promouvoir la campagne "Il ne me manque rien, sauf vous", lancée lundi 21 mai, à 100 jours du coup d'envoi des Jeux paralympiques, organisés du 28 août au 8 septembre.

Sur l'une des affiches, appelant le public à se déplacer alors que seulement 900.000 des 2,8 millions de billets ont été vendus ou alloués, pose le spécialiste de la longueur Arnaud Assoumani, avec sa prothèse bien en évidence. 

Je réalise bien plus de choses que des personnes "valides"
Arnaud Assoumani, quintuple médaillé paralympique

Champion paralympique en 2008 aux Jeux de Pékin, "Golden Arm" - "Bras en or", son surnom – est né avec une agénésie transverse des membres supérieurs, sans avant-bras gauche. "Pour moi, cette condition est une normalité. Mais pour la société qui m'entoure, c'est un handicap", regrette-t-il. "C'est assez déshumanisant et ce n'est pas la vision que j'ai de moi-même. Je considère que je réalise bien plus de choses que des personnes "valides" ! Toutes ces étiquettes ne disent pas grand-chose de la personnalité et des capacités de chacun. L'être humain à de telles facultés d'adaptation que l'on finit souvent par se dépasser."

Il en est la preuve vivante. Icône du handisport, le natif d'Orsay, en région parisienne, a une longue histoire avec l'olympisme. Il tombe dedans à l'âge de 5 ans, en regardant les championnats du monde 1991 à Tokyo. "Je me souviens avoir été subjugué par des athlètes comme Mike Powell ou Carl Lewis. J'avais l'impression qu'ils s'envolaient et j'ai eu l'envie irrépressible de faire la même chose", raconte-t-il. "Je me suis alors tourné vers mon père et je lui ai promis qu'un jour, moi aussi j'irai aux Jeux olympiques !"

Un multimédaillé qui saute loin

Après s'être essayé au football, au tennis de table et à la natation, il trouve sa voie, à 11 ans, avec l'athlétisme. Vingt-sept ans plus tard, il s'apprête, à 38 ans, à disputer ses 6ᵉˢ Jeux, avec l'engagement auquel il se consacre depuis toujours : "changer les regards sur le handicap".

Multimédaillé paralympique, il est monté sur la boite tous les quatre ans depuis son bronze sur sa spécialité à Athènes en 2004, à l'exception de Tokyo 2021. Deux fois en argent en 2012 à Londres (saut en longueur et triple saut) et de nouveau en bronze en 2016 à Rio, Arnaud Assoumani a aussi été couronné champion du monde à deux reprises. 

Plusieurs fois recordman du monde (7,23 m en 2008, marque qu'il a portée à 7,82 m en 2010), il possède l'un des plus beaux palmarès du sport français, que bien des athlètes "valides" lui envient. Des "valides" auxquels il s'est mêlé devenant, en 2010, lors du championnat de France indoor, le premier représentant du handisport tricolore médaillé.

Un dingue de musique... et de cinéma

Sauter loin n'est pas la seule corde à son arc. Passé par Sciences Po, ce résilient engagé dont la personnalité force l'admiration se révèle en parallèle être un grand passionné d'art. Véritable touche-à-tout, il pratique le beatbox, joue la musique brésilienne et aime pousser la chansonnette. 

Mais ce dingue de musique est aussi un amoureux du septième art, qu'il a étudié à l'EICAR, une école de cinéma. Il ne sera donc pas trop dépaysé, mardi 21 mai, au moment de brandir la flamme olympique, au milieu des photographes, sur le tapis rouge du festival de Cannes. Une torche qu'il passera à trois autres athlètes paralympiques, Alexis Hanquinquant, Marie Patouillet et Nélia Barbosa, qui graviront à leur tour les plus célèbres marches du cinéma.


Yohan ROBLIN

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