JO 2024 : les travaux controversés pour l'épreuve de surf se poursuivent à Tahiti

par M.D. avec AFP
Publié le 4 mars 2024 à 15h19

Source : JT 20h Semaine

En décembre, la diffusion d’une vidéo montrant une barge en train de briser accidentellement du corail avait suscité la controverse, poussant les autorités locales à suspendre les travaux.
Du côté des autorités polynésiennes et des organisateurs, on assure que toutes les précautions sont prises et que l’impact sera minime pour l'écosystème marin.

Le site de Teahupo'o sur la presqu'île de Tahiti (Polynésie française) déroulera son tapis bleu pour accueillir les plus grands surfeurs de la planète du 27 au 30 juillet à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024. Un décor de rêve, entre eaux cristallines et végétations tropicales, qui doit de cette épreuve de surf l’un des moments marquants de ces Jeux. Mais l’envers de la carte postale est un moins peu idyllique. 

Au cœur des préoccupations, figure notamment l’installation en plein lagon d’une nouvelle tour pour remplacer l'actuel structure en bois qui est n'est plus aux normes depuis plus de 10 ans. S’alarmant d'une possible destruction des coraux, une partie de la population et des défenseurs de l’environnement avaient lancé une pétition pour demander l’abandon du projet. 

Pour apaiser les esprits, le président de la Polynésie française, Moetai Brotherson, avait annoncé, en novembre dernier, la construction d'une tour plus légère et moins haute, sous la supervision de deux personnalités respectées des surfeurs locaux, Pascal Luciani et Moana David. 

En décembre, la diffusion d’une vidéo montrant une barge en train de briser accidentellement du corail lors d’essais techniques avait amplifié la colère sur place. Un accord a depuis été trouvé entre les autorités tahitiennes et les associations environnementales. Puis, les travaux avaient finalement repris, au grand dam des opposants au projet.

 "On a lâché l'affaire", a réagi, auprès de l'AFP, Cindy Otsenasek, présidente de Vai Ara o Teahupoo, l'association la plus mobilisée contre les travaux, estimant avoir fait "tout ce qui était possible dans les limites de la légalité". Du côté de l’équipe en charge de la conception de la tour, on se veut rassurant.

On essaye de faire le mieux que l’on peut, il y a eu des petites casses, on ne va pas le nier
Le porte-parole du projet, Moana David, au micro de la chaîne locale TNTV Tahiti.

"On essaye de faire le mieux que l’on peut, il y a eu des petites casses, on ne va pas le nier", a déclaré, au média TNTV Tahiti, Moana David, porte-parole du projet, cité par nos confrères du Huffpost. "La nature fait bien les choses, les coraux vont revenir dessus, même sans bouturage", a-t-il assuré auprès de la chaîne de télévision locale. 

Au cours des dernières semaines de travaux, "il y a eu quatorze impacts sur le corail, ce n'est pas grand-chose", a minimisé pour sa part le surfeur Pascal Luciani. "La nature va toujours reprendre ses droits, même sans bouturage de corail", a renchéri Moana David. 

Pour limiter les dégâts, un travail de balisage a notamment été mené par des spécialistes locaux pour créer un chenal permettant de ne pas abîmer les coraux, et la taille des barges destinées aux travaux a été réduite. "On est très, très exigeants avec les entreprises. Tous les travaux sont fait sous la vigilance de nos services", s'était félicité en janvier le président polynésien. 

Le calendrier de travaux doit aboutir à une tour fonctionnelle le 13 mai, quelques jours avant l'étape du tour mondial de la World Surf League (WSL). Cette compétition fera figure de test avant l'épreuve des Jeux olympiques à l'été.


M.D. avec AFP

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