JO 2024 : l'ONG Surfrider Foundation demande au CIO "d'explorer d'autres sites" que le site tahitien de Teahupo'o

par Y.R. avec AFP
Publié le 9 décembre 2023 à 15h14, mis à jour le 11 décembre 2023 à 9h32

Source : JT 20h Semaine

Le site tahitien de Teahupo'o, mondialement connu pour sa célèbre vague, doit accueillir l'été prochain les épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris.
La semaine passée, une barge prévue pour l'installation d'une nouvelle tour des juges a brisé du corail, poussant le gouvernement polynésien à stopper les travaux.
L'ONG Surfrider Foundation a appelé le Comité international olympique (CIO) à "explorer d'autres solutions, y compris d'autres sites" pour préserver cet écrin de biodiversité.

Teahupo'o est plus que jamais au creux de la vague. Le 1er décembre, lors d'essais techniques, filmés par des associations de défense de l'environnement, une barge prévue pour l'installation d'une nouvelle tour des juges, nécessaire à l'accueil de l'épreuve de surf des JO 2024, a endommagé des récifs coralliens. Un fiasco qui a poussé le gouvernement polynésien à mettre en pause les travaux sur le site tahitien, une décision applaudie la Fédération internationale de surf (ISA). 

À huit mois des Jeux olympiques, le maintien de Teahupo'o pose question. La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a exclu, jeudi 7 décembre, l'hypothèse de déplacer l'épreuve, alors que les villes de Lacanau (Gironde) et de La Torche (Finistère), éconduites au moment du choix, se sont manifestées pour recevoir l'événement dans le cas où il ne pourrait se tenir à Tahiti. "Non, il n'y a pas de plan B", a assuré la ministre en charge de l'organisation des Jeux. "On est sur ce chemin qui est vraiment le bon d'avoir une nouvelle tour des juges redimensionnée", et qui correspond à des "demandes qu'avaient faites les locaux"

Face à la fin de non-recevoir de Paris, Surfrider Foundation a choisi de taper plus haut. L'ONG, qui a fait de "la protection et la mise en valeur de l'océan" son combat, a demandé, samedi 9 décembre, au Comité international olympique (CIO) d'"explorer d'autres solutions, y compris d'autres sites de compétition", en vue de protéger le site polynésien mondialement connu pour sa célèbre vague et ses eaux transparentes, désigné comme site d'accueil de la grand-messe estivale.

Un appel à "protéger cet écosystème marin unique"

"Nous demandons instamment au Comité international olympique d'explorer d'autres solutions, y compris d'autres sites de compétition", ont écrit les branches européenne et américaine de la Surfrider Foundation dans un communiqué commun. "Nous demandons instamment au Comité international olympique, et à tous les autres intérêts en jeu, de respecter les intérêts et les traditions des indigènes et des Tahitiens locaux qui vivent à Teahupo'o et d'explorer des alternatives qui protégeront la santé et l'intégrité de cet écosystème marin unique." "La crédibilité des plans de construction actuels a été mise à mal lorsqu'une barge de construction vide s'est échouée sur le récif lors d'une récente visite du site", a poursuivi l'ONG. 

Le projet initial d'installer une tour des juges en aluminium pour remplacer celle en bois - qui n'était plus aux normes, selon les organisateurs - avait soulevé une forte opposition, des associations estimant qu'elle risquait de dégrader les fonds marins. Mi-novembre, les organisateurs et le gouvernement polynésien avaient donc revu leur copie avec un projet de tour allégée afin de "limiter au maximum les atteintes à l'environnement". Mais Teahupo'o a repris l'eau, après l'échec du test de la barge. "On essaie de trouver de nouvelles solutions techniques pour réaliser ces travaux tout en respectant l'environnement", a-t-il expliqué le président du Comité d'organisation des Jeux (Cojop), Tony Estanguet. Pas sûr que cela suffise à apaiser les tensions.


Y.R. avec AFP

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