"La Seine n'est pas faite pour nager" : une championne olympique appelle à un "plan B" pour les JO

Publié le 7 mars 2024 à 11h59

Source : TF1 Info

À moins de cinq mois des Jeux de Paris, la baignabilité de la Seine, qui accueillera des épreuves de natation en eau, préoccupe toujours autant.
La championne olympique, Ana Marcela Cunha, a demandé aux organisateurs de prévoir un "plan B", si la qualité de l'eau du fleuve était trop mauvaise.

C'est un appel qui risque de faire des vagues. Malgré les promesses du maire de Paris, Anne Hidalgo, et du président de la République, Emmanuel Macron, de s'y baigner prochainement, la Seine continue de traîner sa mauvaise image. Celle d'un fleuve pollué, sale, dangereux et malodorant. Et cela n'est pas sans conséquence, à moins cinq mois de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques.

Alors que les épreuves de natation en eau libre doivent se tenir dans son lit l'été prochain, la championne olympique en titre, Ana Marcela Cunha, a appelé, jeudi 7 mars, les organisateurs à élaborer un "plan B", si la compétition ne pouvait s'y dérouler, à cause de la mauvaise qualité de l'eau.

Il ne s'agit pas d'effacer l'histoire de la Seine
Ana Marcela Cunha, championne olympique de natation en eau libre

"C'est une préoccupation. Il n'y a pas eu d'événement-test l'an dernier à cause de ça, mais (les organisateurs) insistent à vouloir que les épreuves aient lieu là-bas (...). Il faut un plan B au cas où cela ne serait pas possible de nager", a affirmé auprès de l'AFP la Brésilienne de 31 ans, en marge d'une compétition sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro.

"Il ne s'agit pas d'effacer l'histoire de la Seine, nous savons ce que représente le pont Alexandre-III, la tour Eiffel, mais je pense que la santé des athlètes doit passer avant", a dit la septuple championne du monde, selon qui "les organisateurs doivent accepter que, peut-être, il sera malheureusement impossible de réaliser les épreuves là où ils le veulent".

Une baignabilité comprise ?

La baignabilité dans la Seine, qui traverse la capitale française d'est en ouest sur 13 km, ainsi que celle de la Marne, son affluent, cause des maux de tête aux organisateurs. Les analyses réalisées de 2015 à 2023, transmises à l'AFP par la mairie de Paris, montrent de fortes variations l'été dernier, avec plusieurs pics de concentration de deux bactéries indicatrices de contamination fécale. Aucun des 14 points de prélèvement parisiens de l'eau n'a atteint un niveau de qualité suffisant au regard des directives européennes en 2023, globalement de juin à septembre.

"Le jour de la compétition, il n'y a pas grand-chose à faire", a assuré l'athlète, qui a dit redouter "un avant et un après" avoir concouru dans la Seine, qui doit aussi accueillir les épreuves de triathlon. "Mais, après, une fois sorti de l'eau, on peut tomber malade 15 jours plus tard. Au moment de la compétition, on n'y pense pas, on s'inquiète après." L'athlète, engagée pour la cause environnementale, a conclu avec un constat implacable : "la Seine n'est pas faite pour nager".


Yohan ROBLIN

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