Premier test pour la vidéosurveillance "intelligente" à Paris : comment ça va se passer ?

par M.D. avec AFP
Publié le 17 février 2024 à 13h32

Source : JT 13h WE

Face au défi sécuritaire que représentent les JO 2024 de Paris, un arsenal inédit va être déployé.
Des caméras utilisant l'intelligence artificielle et des logiciels de gestion de foules seront mis à contribution notamment.
Le dispositif va être expérimenté pour la première fois les 3 et 5 mars à l'occasion des deux concerts du groupe Depeche Mode à l'Accor Arena de Bercy.

De la vidéosurveillance dopée aux technologies d’intelligence artificielle pour assurer la sécurité des spectateurs. Des caméras dites "intelligentes" couplées à un logiciel de gestion de foules vont être testées pour la première fois les 3 et 5 mars à l'occasion des deux concerts du groupe Depeche Mode à l'Arena de Bercy, à Paris, a annoncé vendredi le ministère de l'Intérieur. Un arsenal encore inédit dont l'expérimentation a été votée dans la loi "Jeux olympiques et paralympiques". L’objectif, ne pas réitérer le fiasco de la finale de la Ligue des champions de football le 28 mai 2022, quand des incidents aux abords du Stade de France avaient conduit au report du coup d'envoi du match opposant Liverpool au Real Madrid.

Au total, "six caméras", équipées du logiciel de la société parisienne Wintics, seront déployées par la Préfecture de police sur la voie publique autour de la salle de spectacle, a détaillé l'Intérieur. Lors de ce test en conditions réelles, ces caméras ne seront pas utilisées pour "détecter des évènements" ni pour "des interpellations" mais pour "tester et paramétrer les solutions logicielles" dans des conditions réelles, a insisté la place Beauvau. D'autres tests du même type doivent ensuite être conduits avec la SNCF et la RATP, "à l'intérieur et autour des gares à l'occasion d'événements précis", a ajouté le ministère, sans donner de calendrier.

À terme, les caméras pourront détecter huit types d'événements : le non-respect du sens de circulation, le franchissement d'une zone interdite, la présence ou l'utilisation d'une arme, un départ de feu, un mouvement de foule, une personne au sol, une densité trop importante ou un colis abandonné. "Il s'agit d'une aide à la lecture des images dans le flot d'une salle de contrôle, pour être sûr que l'opérateur ne manque pas" un évènement important, rappelle Beauvau. Aucune des solutions proposées par les quatre sociétés retenues par l'État ne permet la reconnaissance faciale, assure-t-on.

La reconnaissance faciale écartée du dispositif

Interrogé sur le nombre de ces caméras dites "intelligentes" qui seront déployées lors des JO-2024, notamment pour la cérémonie d'ouverture, le ministère de l'Intérieur a répondu qu'il était "trop tôt" pour donner un chiffre. Comme pour les drones, chaque événement nécessitant le recours à la vidéosurveillance algorithmique fera l'objet d'un arrêté préfectoral, en précisant "la temporalité, la localisation et les motifs", souligne l'Intérieur, alors que la technologie est décriée par les associations de défense des libertés individuelles qui dénoncent un premier pas vers une surveillance de masse.

"On s'attend à du contentieux", avec des recours devant les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat "mais on est serein", dit-on au ministère de l'Intérieur. Le 21 décembre dernier, le Conseil d'Etat a annulé une décision du tribunal administratif de Caen qui avait ordonné à une communauté de communes du Calvados, dont Deauville et Trouville, d'effacer les données personnelles issues de leurs caméras équipées du logiciel israélien BriefCam, spécialisé dans la vidéosurveillance algorithmique. Beauvau a en revanche fait le choix d'écarter la reconnaissance faciale du dispositif, comme le recommandait la Cnil, le gendarme de la vie privée en matière numérique.


M.D. avec AFP

Tout
TF1 Info