Comment les guerres vont affecter la venue des athlètes lors des JO 2024

par Theodore AZOUZE
Publié le 17 avril 2024 à 13h29

Source : JT 20h Semaine

Les athlètes des pays concernés par la guerre auront connu une préparation des Jeux olympiques pour le moins perturbée, avant leur arrivée à Paris.
Ukrainiens et Israéliens logeront au village olympique, comme l'ensemble des participants.
Les sportifs russes et biélorusses, eux, ne pourront disputer la compétition que sous bannière neutre.

Pour eux, les Jeux olympiques de Paris seront une parenthèse d'un quotidien rythmé par la guerre. Les athlètes venant de pays touchés par un conflit seront présents lors de la prestigieuse compétition à Paris, cet été (26 juillet - 12 août). Mais, pour beaucoup, la préparation aux JO a été perturbée par les bombardements, le manque de moyens ou encore la perte d'un proche sur le front. À Paris, leur venue est attendue comme celles des participants des autres pays du monde... mais sera aussi bien plus scrutée que celle des sportifs classiques.

Ukraine-Russie, le difficile compromis du CIO

La guerre entre l'Ukraine et la Russie aura des conséquences sur la venue des athlètes à Paris l'été prochain. Le Comité international olympique (CIO) a dû prendre des mesures pour sanctionner la Russie, dont l'armée a envahi illégalement le territoire ukrainien en février 2022. Une attaque qui a poussé l'instance olympique à écarter une participation officielle du pays lors des prochains JO. "Les athlètes qui soutiennent activement la guerre ne seront pas autorisés à être inscrits aux compétitions ni à concourir", précisait par ailleurs le CIO dans un communiqué mi-décembre. 

Des règles qui s'appliquent aussi aux sportifs venus de Biélorussie, dont le régime soutient sans faille l'invasion de l'Ukraine par Moscou. Un petit nombre de Russes et de Biélorusses pourront malgré tout prendre part aux Jeux, à condition d'accepter de concourir sous bannière neutre. Au total, "il n’y aura peut-être pas plus de 40" sportifs russes présents lors de la compétition, assurait en mars John Coates, le vice-président du CIO, dans le quotidien australien Daily Telegraph. Ils ne pourront pas non plus parader à la cérémonie d'ouverture.

Pour les Ukrainiens, cette présence russe, même réduite, ne reste toutefois pas acceptable. La cohabitation durant la compétition paraît difficile. "Je suis triste parce que je ne m’imagine pas croiser des Russes au village olympique, avait déploré en décembre Viktoriia Tkachuk, spécialiste ukrainienne du 400 m haies et jointe par Le Parisien. J’espérais que le CIO nous soutienne… Mon frère est sur le front, en train de protéger notre pays, comment est-ce que je peux lui annoncer ça ?" La maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo a pour sa part indiqué il y a quelques jours que "les athlètes russes et biélorusses" n'étaient pas "les bienvenus" dans la capitale française.

Israël-Hamas, une sécurité à assurer

Les derniers mois précédent ces 33ᵉ Jeux olympiques ont également été bouleversés pour les athlètes israéliens et palestiniens, après les attentats du Hamas le 7 octobre dernier sur le sol hébreu. Israël, qui a lancé une guerre meurtrière dans la bande de Gaza pour "anéantir" le mouvement islamiste palestinien, promet toutefois que ses athlètes seront présents lors des prochains JO au même titre que n'importe quels autres sportifs. Ils logeront au village olympique… mais sous haute surveillance – d'autant plus après l'attaque iranienne samedi soir sur le pays.

Les souvenirs de l'attaque terroriste ayant tué onze participants israéliens lors des JO de Munich (Allemagne), en 1972, sont encore dans toutes les mémoires. Certains services de sécurité étrangers pourront bénéficier de dérogations de port d'armes durant la compétition, a informé le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, mi-mars. "Pas question", non plus, pour le CIO, d'imposer des sanctions à Israël pour ses opérations à Gaza, comme le réclamaient notamment une trentaine de députés écologistes et insoumis. "Le drapeau israélien sera là, les sportifs seront là", a insisté lundi le président de la République, Emmanuel Macron, sur RMC

Concernant les athlètes palestiniens, une petite délégation devrait aussi être présente à Paris. Certains athlètes venus de Gaza tentent toujours d'y participer, malgré la guerre qui a détruit une grande partie de leur région d'origine. "Pendant 40 jours, nous avons tout fait pour que notre champion d'haltérophilie, Mohammed Hamada, et son coach, qui est également son frère, puissent sortir de Gaza", raconte ainsi à France 24 Nader Jayousi, le président du Comité olympique palestinien. Le sportif y est finalement parvenu, mais son état de forme reste loin d'être idéal. "La famine a commencé dans Gaza et il a perdu une quinzaine de kilos, poursuit le dirigeant. Ce qui est énorme pour un haltérophile…"


Theodore AZOUZE

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