Il y a 40 ans, l'attentat de la rue des Rosiers

Virginie Fauroux
Publié le 9 août 2022 à 6h30
JT Perso

Source : JT 20h WE

Il y a 40 ans, le 9 août 1982, un commando attaquait le restaurant casher "Jo Goldenberg", en plein quartier juif de la capitale.
Six personnes périssent et vingt-deux autres sont blessées.
Un hommage aux victimes est prévu ce mardi en présence du ministre de la Justice.

Il est 13h15 ce 9 août. Une cinquantaine de personnes sont présentes dans le restaurant casher "Jo Goldenberg", situé dans une petite rue très passante du vieux quartier juif de Paris. Un commando de trois à cinq hommes arrive rue des Rosiers, dans le IVe arrondissement, en deux groupes. Le premier groupe jette une grenade en direction du restaurant. Le second pénètre dans l'établissement et ouvre le feu avec des pistolets-mitrailleurs "WZ-63" de fabrication polonaise. 

Quelques instants plus tard, les assaillants remontent en courant la rue des Rosiers. Ils tirent sur des passants affolés, qui cherchent désespérément un refuge et courent en tous sens en hurlant. Des corps ensanglantés gisent sur les trottoirs et la chaussée. Au total, cette attaque qui aura duré trois minutes fait six morts et 22 blessés. En France, où l'on a encore en mémoire l'attentat contre la synagogue de la rue Copernic (4 morts le 3 octobre 1980), le choc est immense. 

Un seul suspect arrêté qui clame son innocence

Le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, un groupe palestinien dissident de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), est très vite soupçonné. Mais pendant des années, l'enquête ne connaît pas d'avancée notable. Abou Nidal, de son vrai nom Sabri al-Banna, meurt à Bagdad en 2002, à 65 ans. Un suicide selon les autorités irakiennes, "assassiné" par les services secrets irakiens, selon son groupe. En 2015, des mandats d'arrêt internationaux sont délivrés contre quatre hommes soupçonnés de responsabilités dans l'attentat et vivant en Cisjordanie, en Jordanie et en Norvège. La justice jordanienne refuse à plusieurs reprises d'extrader ses deux ressortissants concernés, d'origine palestinienne. 

Le seul suspect à ce jour aux mains de la justice française est un Palestinien naturalisé Norvégien de 63 ans, Abou Zayed, soupçonné d'avoir été l'un des tireurs et extradé le 4 décembre 2020 par la Norvège. Il clame toujours son innocence et conteste jusqu'à sa présence en France au moment des faits. "La commémoration de cet attentat ne doit pas faire oublier qu'il y a dans cette affaire un homme détenu qui clame son innocence. Répondre au terrorisme, c'est y opposer l'État de droit, pas l'État qui venge, ni celui qui cherche un coupable à tout prix", pointent ses avocats, Mes Bruno Gendrin et Romain Ruiz.

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40 ans, jour pour jour après ce drame qui a traumatisé Paris et la France, les victimes recevront pour la première fois un hommage présidé par un membre du gouvernement, Éric Dupond-Moretti. Cette cérémonie est "une reconnaissance de notre souffrance", réagit auprès du Parisien Yohann Taïeb, porte-voix de Jacqueline Niego, dont le mari a été assassiné lors de l’attentat de la rue des Rosiers. À 82 ans, cette rescapée de la Shoah doit prendre la parole durant la cérémonie de commémoration, qui débutera à 13h devant l’ancien restaurant Jo Goldenberg.


Virginie Fauroux

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