Dimanche 30 juillet, un accident dans un parc de loisirs de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var, a fait un mort et un blessé grave.
Un père et sa fillette de 3 ans et demi étaient dans une structure gonflable qui s’est envolée.
Ce genre de dispositifs doit être contrôlé tous les ans par un inspecteur, "un peu comme un contrôle technique pour les voitures", nous détaille un expert.

C’est un accident rarissime. Dimanche 30 juillet, un père et sa fille jouaient dans une structure gonflable au sein d’un parc de loisirs à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var, quand celle-ci s’est décrochée du sol à cause d'une forte rafale. Les deux visiteurs ont été projetés dans les airs à plusieurs dizaines de mètres. L’homme de 35 ans n’a pas survécu à ses blessures. Une enquête a été ouverte pour homicide involontaire.

Un tel drame pose la question de la sûreté de telles installations. Le parc de loisirs où s’est produit l’accident avait ouvert ses portes pour la première fois cet été. Tous les gérants de structures gonflables sont soumis à des contrôles pour assurer la sécurité de leurs exploitations. Comment s’y prennent-ils concrètement ? Explications.

L’acquisition d’une structure ouverte à tous

En France, l’achat d’un château gonflable ou d’une autre attraction de ce genre est libre et ouverte à tous. Mais les installations doivent tout de même répondre à un certain nombre de normes de sécurité européennes. Tous les ans, la loi oblige les exploitants de telles structures à se soumettre à un examen complet de la sécurité et du respect des normes de leur équipement. "C’est un peu comme un contrôle technique sur les voitures, explique à TF1info Rémi Dorce, inspecteur indépendant de structures gonflables. Il y a quarante points de contrôle."

Parmi les vérifications à effectuer pour les inspecteurs : les points d’ancrage du château gonflable, qui doit être solidement fixé avec des piquets au sol. Lors de leurs contrôles, les inspecteurs exercent une pression sur ces points d’ancrage pour s’assurer de leur conformité. La qualité de la structure en elle-même est aussi analysée. "On regarde s’il n’y a pas de déchirures, si les coutures sont en bon état, continue Rémi Dorce. Certaines structures gonflables sont achetées d’occasion : s’il y a beaucoup d’enfants qui les ont utilisées ou si elles sont restées longtemps dehors, le PVC [cette matière plastique est le matériau principal de la plupart des structures gonflables, ndlr] peut être abîmé."

Des propriétaires pas toujours au courant des normes

En plus de cet examen annuel, les exploitants de structures gonflables, comme celle qui s'est envolée dans le Var ce week-end, doivent s'astreindre à un contrôle journalier sur leur installation. Cette vérification de routine doit être synthétisée tous les jours par écrit. Il faut alors s’assurer de la solidité des points d’ancrage, qu’aucun objet n'est présent à l’intérieur de la structure, que celle-ci n’a pas bougé… 

Problème : certains gérants qui se lancent dans l’exploitation de ces jeux gonflables ne sont pas toujours au courant de toutes les normes de sécurité à respecter. "Il y a des professionnels qui font très bien leur travail, indique Rémi Dorce. Mais parfois, après avoir déjà gagné un peu d’argent, des petits auto-entrepreneurs achètent une ou deux structures gonflables sans connaître les normes." Lors de ses visites, l’inspecteur note par exemple que certains châteaux gonflables ne sont parfois pas suffisamment fixés au sol ou que la hauteur des toboggans de ceux-ci ne sont pas conformes à la réglementation. 

La surveillance de la météo à la charge de l'exploitant

La surveillance de la météo fait aussi partie des missions allouées à l’exploitant chaque jour. Dans le Var, les rafales de vent atteignaient au moment de l’accident 55 kilomètre/heure, selon Météo France. En théorie, la norme européenne impose qu’une installation gonflable doit être dégonflée à partir de bourrasques atteignant 38 kilomètre/heure. 

Durant une journée d’ouverture, le suivi de la météo par l’exploitant doit être continu. Pour faciliter cette surveillance, il peut par exemple utiliser un anémomètre. "Ce que je rappelle de plus en plus, c’est que ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de vent qu’il n’y a aucun risque, souligne Rémi Dorce. Comme on le voit souvent, la météo peut être changeante, il peut y avoir des bourrasques ou des minis tornades qui peuvent faire s'enrouler le jeu gonflable sur lui-même."

Selon le parquet de Draguignan, c'est justement au moment où les gérants du parc d'attractions du Var avaient décidé de suspendre l'activité de la structure gonflable que l'accident a eu lieu. À Bures-sur-Yvette, dans l'Essonne, un autre accident de château gonflable avait déjà fait des blessés en juin. La structure s'était détachée du sol, projetant à terre une douzaine d'enfants. 


Theodore AZOUZE

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