Une adolescente de 14 ans retrouvée morte en Saône-et-Loire

Adolescente poignardée en Saône-et-Loire : le scénario du drame

Aurélie Sarrot
Publié le 9 juin 2022 à 19h33, mis à jour le 10 juin 2022 à 14h04
JT Perso

Source : TF1 Info

Le corps sans vie d'une jeune fille âgée de 14 ans a été retrouvé ce jeudi à l'aube près de son ancienne école primaire à Clessé (Saône-et-Loire).
Son petit ami, du même âge, a été placé en garde à vue du chef "d'assassinat".
Le procureur de la République de Mâcon, Eric Jallet, a livré des détails sur les faits qui ont conduit à ce meurtre.

C'est dans le petit village de Clessé en Saône-et-Loire, qui compte moins de 1000 habitants, que le drame s'est produit. Ce jeudi à l'aube, une adolescente âgée de 14 ans scolarisée en classe de 4e, a été retrouvée sur la voie publique près de son ancienne école primaire située dans la même commune. 

La dépouille présentait de nombreuses traces de violences, ainsi qu'un couteau planté au niveau du cou au moment de sa découverte. Son petit ami, 14 ans lui aussi, a été interpellé dans la matinée à l'école. Il a depuis reconnu les faits. Ce jeudi soir, le procureur de la République de Mâcon, Eric Jallet a livré des détails sur ces faits qui ont plongé la petite commune dans l'effroi. 

Que s'est-il passé ?

C'est à 6h49, ce jeudi matin, que la gendarmerie a été alertée de la présence d'un corps sur la voie publique. Gendarmes, pompiers puis SAMU se sont immédiatement rendus sur place, mais n'ont pu que constater le décès de la jeune fille. 

La brigade de recherche de Mâcon et la section de recherche de Dijon sont dès lors intervenus pour procéder aux
constatations. "Celles-ci nous ont permis de visualiser une scène qui se situait entre le City stade à l'arrière de la mairie du village de Clessé, avec une trace de sang sur un muret, puis sur un chemin de progression, des bijoux, puis une veste et enfin, le corps de la jeune fille qui se trouve sur ce chemin, sortant du City Stade" a expliqué le procureur.

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Le médecin légiste relève "plusieurs traces de coups manifestement portés avec un couteau", a indiqué le magistrat. "Plusieurs dizaines de traces de coups de couteau sur le haut du torse, sur les épaules, sur le visage et sur le cou. Un couteau est resté planté au niveau de la gorge de la jeune fille, a détaillé Eric Jallet. D'autres lésions de défense manifestement portées avec une arme blanche sont également constatées sur les avant-bras de la jeune fille. Au niveau du visage, le nez a été brisé". 

La victime était habillée d'un tee-shirt noir, d'un jean tâché de boue et des baskets roses. 

Ses parents la croyaient à la maison

Les premières recherches pour identifier la victime ont permis de savoir que l'adolescente de 14 ans habitait Clessé et était scolarisé au collège Victor Hugo de Lugny,  à7 km de là. "Ses parents l'ont vue le soir avant de se coucher. Elle paraissait joyeuse. Rien de marquant pour eux à ce stade et il la croyait encore dans son lit. Ce n'est que le matin, avant de partir à l'école, qu'il ne la trouve pas à la maison", a continué le magistrat. 

Des rencontres nocturnes dans le village

Les investigations se sont rapidement concentrées sur l'environnement de la jeune fille. Les auditions de ses amis ont permis de remonter à une relation sentimentale avec un adolescent de son âge, scolarisé dans le même établissement. "La relation s'était finie à la demande du garçon. Mais elle avait repris, le 25 mars, puis elle s'était à nouveau terminée", rapporte le magistrat Eric Jallet. Mais les amis de la victime, entendus par les enquêteurs, ont expliqué que la relation reprenait et qu'ils avaient, depuis le début de la semaine, pris l'habitude de se retrouver entre minuit et 4 heures dans le village. 

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L'adolescent a reconnu les faits

"Ce garçon avait par le passé des paroles inquiétantes", ont expliqué les camarades de la jeune fille "Il avait notamment évoqué le fait de vouloir tuer quelqu'un et notamment sa petite copine", selon le procureur. Les camarades avaient considéré ces paroles pour de "l'humour noir tout en étant inquiets." 

Interpellé à l'école, l'auteur présumé des faits a été placé en garde à vue à 9h45, soit trois heures après la découverte du corps, du chef "d'assassinat", la préméditation ayant été retenue. Ses mains sont couvertes de "blessures qui pouvaient être compatibles avec des coupures et des griffures. Des prélèvements ont été réalisés au niveau des ongles" note Éric Jallet. 

"Ses premières déclarations confirment qu'il a commis les faits d'homicide volontaire. Il reconnaît avoir, comme à son habitude depuis quelques jours, convenu d'un rendez-vous avec cette jeune fille, qu'il s'était muni d'un couteau, qu'il avait discuté avec elle, qu'il avait placé ce couteau dans sa manche et, après avoir discuté quelques instants avec elle, lui avait porté trois coups de couteau au niveau du cou, a relaté le magistrat. Elle avait tenté de fuir et il l'avait rattrapée, avait tenté de l'étrangler et avait porté à nouveau des coups de couteau, laissant [l'arme] sur place et rentrant chez lui."

Le gardé à vue n'a pas d'antécédent judiciaire, aucune condamnation. "La seule chose que l'on sache, c'est que lui-même avait été victime de violence de la part de son père en janvier. Ces éléments doivent être exploités", a souligné le procureur de la République. 

Concernant les motivations du suspect, le procureur de la République de Mâcon a dit : "Il pensait vouloir tuer, sans donner plus d'explication."

Un examen psychiatrique du mis en cause, que des analyses ADN de comparaison, différentes exploitations, notamment du cahier intime de la jeune fille, ainsi que de nouvelles auditions vont être réalisés. Les investigations se poursuivent. La garde à vue de l'adolescent peut durer jusqu'à 48 heures. Une information judiciaire est prévisible et prévue par les textes.


Aurélie Sarrot

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