Les fausses alertes à la bombe se multiplient : que risquent les auteurs de ces faits ?

Publié le 19 octobre 2023 à 12h46, mis à jour le 19 octobre 2023 à 14h15

Source : TF1 Info

Collèges, lycées, monuments historiques et aéroports sont ces derniers jours de plus en plus visés par de fausses alertes à la bombe.
Prises très au sérieux en raison du contexte, toutes ces alertes se sont révélées fausses.
Leurs auteurs, quand ils sont identifiés, encourent de lourdes peines.

Eric Dupond-Moretti a prévenu "les petits guignols qui s'amusent avec ces menaces". Le garde des Sceaux a prévenu : ils seront retrouvés et punis. Car ces menaces, qui se multiplient depuis plusieurs jours, sont prises très au sérieux. Ce jeudi encore, le Château de Versailles, plusieurs aéroports et de nombreux établissements scolaires en ont encore été la cible. Elles entrainent des centaines d'évacuations de bâtiments, mobilisent des milliers de policiers, démineurs, fonctionnaires de justice, etc.... 

Lundi dernier, Gabriel Attal, ministre de l'Éducation, révélait que la fausse alerte ce même jour au lycée Gambetta d'Arras, où Dominique Bernard a été assassiné par Mohammed M. trois  jours plus tôt, était la 168e du genre.  Depuis, ce nombre a largement été dépassé : dans le Finistère, 33 établissements scolaires en ont été la cible sur la seule journée de mercredi. Il faut aussi compter depuis quelques jours les fausses alertes recensées dans les monuments nationaux comme le musée du Louvre, le Château de Versailles (trois alertes en cinq jours) ou encore les aéroports (plus d'une vingtaine en 24 heures). 

Que risquent alors les auteurs ?

Jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende

L'article 322-14 du Code pénal est sans équivoque : "Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu'une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30.000 euros d'amende". 

Il précise que les mêmes peines sont encourues pour "le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information faisant croire à un sinistre et de nature à provoquer l'intervention inutile des secours." 

Plusieurs condamnations déjà

Depuis septembre, plusieurs personnes ont été interpellées et condamnées après ces fausses alertes.  Dans le Val-de-Marne, où plus de 25 établissements ont été visés par une quinzaine de fausses alertes à la bombe depuis la rentrée, selon un communiqué du procureur de Créteil, sept mineurs âgés de 13 à 16 ans ont récemment été interpellés, et plusieurs d'entre eux renvoyés devant la justice. 

En Seine-Maritime, un jeune homme de 18 ans a été condamné à 15 mois de prison avec sursis par le tribunal pour enfants de Rouen. Âgé de 17 ans au moment des faits, il était poursuivi pour avoir provoqué 24 évacuations d'établissements depuis septembre, soit "19.613 personnes" concernées au total.

En Isère, c'est un mineur de 12 ans, "féru d'informatique", qui a été interpellé début octobre pour une fausse alerte ayant visé un collège de Grenoble. Le procureur de la République indiquait alors à TF1info que le mis en cause "a reconnu les faits et les regrette", annonçant avoir ordonné une expertise psychiatrique. En raison de son âge, "il est présumé ne pas être capable de discernement conformément à l’article L11-1 du Code de la justice pénale des mineurs", nous précisait le magistrat. 

Mercredi, c'est une femme qui a été condamnée à quatre mois de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Amiens pour une fausse alerte mardi dans un collège de Longpré-les-Corps-Saints. 

"Ils seront retrouvés, ils seront punis"

Mercredi, Éric Dupond-Moretti, à l'issue d'une visite d'inauguration d'un centre de détention rénové à Fleury-Mérogis (Essonne), a assuré ceux qui participent à ces fausses alertes seront "retrouvés et seront punis". Et s'ils sont mineurs : "leurs parents seront tenus de rembourser les dommages et intérêts qu'ils ont causés". 

Ces avertissements n'ont, semble-t-il, pas suffi. Ce jeudi encore, plusieurs bâtiments ont dû être évacués suite à des alertes à la bombe notamment cinq collèges et lycées évacués à Toulouse, ou encore des aéroports de Lille, Nantes, Bordeaux et Montpellier.


Aurélie SARROT

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