Affaire libyenne : Sarkozy mis en examen

Soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy : les investigations sont terminées

Julien Moreau avec AFP
Publié le 25 octobre 2022 à 6h19
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Après dix années d’enquête, les juges d’instruction ont clôturé leurs investigations sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Sarkozy.
L’ancien chef de l’État avait été accusé par Médiapart, en 2012, d’avoir perçu plusieurs millions d’euros de la part de Mouammar Kadhafi.
Un procès pourrait s’ouvrir prochainement devant le tribunal correctionnel de Paris.

Près d’une décennie après le début des investigations, les juges d'instruction ont terminé leur enquête sur les soupçons de financement libyen concernant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy 2007, dans laquelle il est poursuivi avec douze autres personnes. Tout laisse penser que la perspective d’un nouveau procès se profile pour l’ancien président de la République. 

Le parquet national financier (PNF) a déclaré que les deux magistrats chargés de cette information judiciaire, ouverte depuis avril 2013, ont annoncé avoir bouclé leur dossier ce vendredi 21 octobre. Désormais, les treize personnes qui ont été mises en cause et les parties civiles peuvent soumettre leurs observations aux deux magistrats. Ensuite, le PNF prendra ses réquisitions, avant que les juges d'instruction ordonnent ou non un procès devant le tribunal correctionnel de Paris.

Une enquête ouverte en 2012 après la publication d'un document par Médiapart

Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais cessé de contester les faits, a été mis en examen pour corruption passive, association de malfaiteurs, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens. Son avocat n'a pas souhaité réagir après l’annonce de la clôture des investigations, selon l’AFP.  Cette enquête a été ouverte après la publication par Mediapart en 2012, entre les deux tours de la présidentielle, d'un document censé prouver que la campagne gagnante de Nicolas Sarkozy a été financée par le régime de Mouammar Kadhafi. 

“Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007”, pouvait-on lire en introduction de l’enquête. Témoignages de hauts responsables libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d'un intermédiaire. Les magistrats ont réuni une somme d'indices troublants qui ont donné corps à cette thèse.

Où est l'argent alors ?

Nicolas Sarkozy

Cependant, aucune preuve matérielle n'a encore été retrouvée, mais des mouvements de fonds suspects ont conduit à treize mises en examen. Lors d’un interrogatoire en octobre 2020, l’ancien chef de l’État a demandé aux juges de l’époque : "Vous n'avez ni les preuves de l'arrivée, ni les preuves de la sortie concernant l'argent. Où est l'argent alors ?". A son issue, il a été mis en examen pour "association de malfaiteurs". Selon l'ancien président, qui a multiplié les recours pour faire annuler les poursuites, l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, au cœur de ce dossier, aurait abusé "des fonds libyens pour les détourner à son profit", tout en prétendant qu'ils étaient destinés à la campagne du futur chef de l'État.

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Interrogé par l’AFP, maître Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant qui était le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a déclaré qu'"au bout de dix ans, le dossier n'aura pas réussi à établir qu'il y ait eu le moindre centime d'euro qui a servi à contribuer à cette campagne”.

Pour l’avocate de Ziad Takieddine, maître Elise Arfi, il faut "trouver un moyen de lever son mandat d'arrêt pour qu'il vienne participer et se défendre lors du procès". Retiré de la vie politique depuis 2016, mais toujours populaire à droite, l'ancien chef de l'État a fait appel de ses deux condamnations à de la prison ferme dans deux autres affaires : celle dite des "écoutes" et celle baptisée Bygmalion.


Julien Moreau avec AFP

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