Le parquet national financier a ouvert une information judiciaire autour de la gestion du Fonds Marianne.
Il avait été lancé après l'assassinat de Samuel Paty, perpétré en octobre 2020.
L'information judiciaire a été ouverte pour "détournement de fonds publics".

Jeudi 4 mai, le parquet national financier a annoncé avoir ouvert une information judiciaire, entre autres, sur des soupçons de "détournement de fonds publics" dans la gestion du Fonds Marianne. Celui-ci avait créé en 2021, pour lutter contre le séparatisme et quelques mois après l'assassinat du professeur Samuel Paty.

Sa gestion avait fait l'objet de plusieurs signalements à la justice après des articles de presse. L'information judiciaire porte sur des soupçons de détournements de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d'intérêts, a indiqué le PNF à l'Agence France-Presse.

À sa création, en avril 2021, ce fonds affichait l'ambition de "financer des personnes et associations qui vont porter des discours pour promouvoir les valeurs de la République et pour lutter contre les discours séparatistes notamment sur les réseaux sociaux et plateformes en ligne", selon Marlène Schiappa.

Une gestion jugée opaque

Fin mars, plusieurs avaient diffusé une enquête mettant au jour sa gestion opaque. Selon leurs investigations, le principal bénéficiaire du fonds, l'association USEPPM aurait, avec ses 355.000 euros de dotation, seulement alimenté un site internet et des publications peu suivies sur les réseaux sociaux. Quelque 120.000 euros ont aussi été utilisés pour salarier deux de ses ex-dirigeants. Le site Mediapart a ensuite révélé que plusieurs personnalités de gauche avaient été dénigrées dans des contenus mis en ligne par une autre structure bénéficiaire du fonds, "Reconstruire le commun", qui a obtenu 330.000 euros.

Un premier signalement a été émis par Christian Gravel -patron du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) - à qui avait été confié la procédure de sélection des associations subventionnées et dont le rôle est questionné dans les enquêtes journalistiques. 

Deux autres signalements ont été adressés à la justice par la maire PS de Paris Anne Hidalgo et la cheffe des députés de La France insoumise Mathilde Panot. Pour l'élue insoumise, "les faits sont graves et interrogent la responsabilité de Marlène Schiappa dans la création, l'utilisation et le contrôle de ces fonds publics".

De son côté, Marlène Schiappa a fustigé des "calomnies". Elle a indiqué, le 27 avril, sur Twitter que son avocate "poursuivrait pour diffamation tous ceux qui (l')imputent à tort d'une action de favoritisme". Le secrétariat d'État chargé de la Citoyenneté a aussi indiqué avoir saisi l'Inspection générale de l'administration (IGA) d'un audit sur ce dossier. Enfin, la commission des Finances du Sénat, dominée par l'opposition de droite, a demandé mercredi à être dotée des prérogatives d'une commission d'enquête pour se pencher sur ce dossier.


B.L. avec AFP

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