Violences sexuelles dans le porno : trois hommes placés mardi en garde à vue

A.S.
Publié le 27 septembre 2022 à 11h18
JT Perso

Source : JT 20h WE

Trois hommes ont été interpellés mardi matin dans l'enquête à Paris sur la plateforme de vidéos pornographiques "French Bukkake".
Ils sont soupçonnés notamment de viol en réunion ou proxénétisme aggravé.
Depuis 2020, une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles, ainsi que des associations.

Les investigations dans le monde du porno se poursuivent depuis plusieurs mois et avancent à grands pas. Ce mardi matin, trois hommes ont été interpellés dans l'enquête à Paris sur la plateforme de vidéos pornographiques "French Bukkake". 

Ces suspects, des "acteurs" selon ces sources, ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en octobre 2020 pour traite d'êtres humains aggravée, viol en réunion ou proxénétisme aggravé. Depuis, plus d'une quarantaine de victimes se sont constituées parties civiles, ainsi que des associations. 

Des victimes au parcours de vie chaotiques et démunies

Douze hommes, acteurs, réalisateurs, producteurs, sont poursuivis dans ce dossier exceptionnel par son ampleur. La grande majorité est incarcérée. Parmi eux, les producteurs surnommés "Pascal OP" et "Mat Hadix", très connus dans ce milieu du porno, jouant avec l'image de l'amateurisme.

L'enquête est partie du site de "French Bukkake" de "Pascal Op", et de soupçons sur des pratiques de proxénétisme qu'il abriterait. Au fil de leur enquête, les gendarmes de la section de recherches de Paris se sont interrogés sur la réalité du consentement des jeunes femmes aux différentes prestations sexuelles présentées, puisque dans certains passages isolés par les enquêteurs, elles s'opposaient verbalement à des pratiques qui leur étaient imposées.

Les victimes, souvent aux parcours de vie chaotiques et démunis, auraient été attirées sur ces tournages par des procédés détournés, notamment la promesse que les films fortement rémunérateurs ne seraient diffusés que sur des sites canadiens à l'audience confidentielle. Mais ces films finissaient par être aussi accessibles en France, et les producteurs demandaient aux victimes des sommes conséquentes pour le retrait de la circulation des images qui, duplication massive sur Internet oblige, s'avérait inefficace.

En juin c'était "Jacquie et Michel"

Une autre enquête menée à Paris depuis juillet 2020 vise le site "Jacquie et Michel", incarnation en France du porno amateur, après un signalement adressé par Osez le féminisme, les Effronté-es et le mouvement du Nid.

En juin, quatre hommes, dont le propriétaire du site, Michel Piron, ont été mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte notamment pour proxénétisme aggravé, traite des êtres humains en bande organisée, viols et complicité de viols, viol avec torture et acte de barbarie.

Après les révélations sur les violences et pratiques imposées lors des tournages, de grands groupes français du secteur, comme "Jacquie et Michel" et Dorcel, avaient annoncé en novembre 2020 leur volonté d'adopter des chartes éthiques et déontologiques.

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Un rapport sur l'industrie pornographique présenté au Sénat

Mercredi 28 septembre, les rapporteures de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes présenteront à la presse leur rapport sur l'industrie de la pornographie. 

Pendant plus de six mois, la délégation a mené des travaux sur l’industrie pornographique : des dizaines d’heures d’auditions, dont celle à huis clos de victimes de l’affaire dite French Bukkake, une analyse des contenus pornographiques disponibles en ligne aujourd’hui, le recueil de données chiffrées, le recours à une étude de législation comparée.

Les rapporteures entendent alerter le gouvernement et l’opinion publique sur les violences massivement perpétrées et véhiculées par et dans l’industrie pornographique, ainsi que sur les représentations sexistes, racistes, homophobes et inégalitaires que promeut aujourd’hui ce business mondial du sexe. Elles s’alarment tout particulièrement de l’accès facilité, démultiplié et massif des mineurs et des adultes à des contenus pornographiques de plus en plus violents et toxiques.


A.S.

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