Affaire Grégory : l’un des corbeaux identifié, trahi par son ADN près de 40 ans après les faits

Publié le 11 octobre 2023 à 16h58

Source : JT 20h Semaine

Grégory Villemin, 4 ans, a été assassiné dans les Vosges en 1984.
Le corps du petit garçon avait été retrouvé en octobre de cette année dans une rivière des Vosges.
Le crime n'a jamais été élucidé, mais près de 40 ans après les faits, un corbeau a été identifié.

Le 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, quatre ans, était découvert dans la Vologne (Vosges), pieds et mains liés. Près de 40 ans après les faits, l'affaire a connu un nouveau rebondissement ce mercredi. 

Les nouvelles expertises ADN réalisées ces derniers mois ont en effet permis de mettre un nom sur l'un des protagonistes de ce mystérieux dossier. Le 24 juillet 1985, un peu moins d'un an après la mort du garçonnet, ses grands-parents Monique et Albert Villemin avaient été destinataires d'une enveloppe contenant un courrier pour le moins angoissant. "Je vous ferez  à nouveau votre peau à la famille Villemain (sic) (…) Prochaine victime, Monique", était-il écrit. 

Pendant des années, l'auteur de cette lettre anonyme n'avait pu être identifié. C'est désormais chose faite, comme l'a révélé Marianne ce jeudi. La rédactrice de ces menaces est une Guadeloupéenne, déjà condamnée pour escroquerie. Celle-ci, qui vivait à Paris au moment des faits, a reconnu en audition être l’auteure de cette lettre anonyme, mais a assuré ne rien à voir avec la mort du petit garçon.  

"Une tempête dans un verre d'eau" ?

Contacté ce mercredi par TF1info, Me Thierry Moser, l'un des avocats des parents du petit Grégory dit avoir appris cette nouvelle par les médias. "Je n'étais pas du tout au courant de cette histoire-là. Pour l'instant, je ne sais rien de précis", nous confie-t-il. 

L'avocat nous livre tout de même son sentiment sur ce nouvel élément. "Mon impression, qui n'est qu'une impression qui sera infirmée ou confirmée, est que cet élément n'a aucun intérêt sur le fond du dossier. Je pense que cette femme qui jouait au corbeau n'a rien à voir avec le crime proprement dit. Je n'y crois pas. Des corbeaux et des gens illuminés, il y en a malheureusement pas mal autour de nous... Pour moi, c'est une tempête dans un verre d'eau. Mais ce sont mes premières impressions que je donne sans avoir d'informations précises", répète-t-il.

Le procureur général de Dijon Thierry Pocquet du Haut-Jussé, sollicité par notre rédaction sur cette affaire de corbeau, n'avait pas répondu à 16h15 à notre demande d'informations.

Neuf traces ADN prélevées sur divers objets

En 2021, la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon avait accepté "la quasi-totalité" des demandes de nouvelles expertises, notamment en recherche d'ADN de parentèle, dans l'enquête sur l'assassinat du petit Grégory Villemin en 1984. Cette décision de la Cour d'appel de Dijon, où le dossier est instruit depuis 1987, fait suite à une demande des avocats de Christine et Jean-Marie Villemin, les parents de Grégory.

La chambre a en particulier accepté que soient conduites de nouvelles recherches selon la méthode de l'"ADN de parentèle", qui permet de comparer une empreinte génétique avec d'autres susceptibles d'être issues de la même parenté. Cette méthode avait été employée avec succès dans quelques "cold cases" criminels, comme en 2012 dans le dossier Élodie Kulik, violée et assassinée dix ans plus tôt.

Les Villemin avaient demandé que les nouvelles recherches portent sur les neuf traces ADN prélevées sur des courriers anonymes, une seringue et les vêtements de l'enfant. La cour a également accepté, selon Me Saint-Pierre, le prélèvement d'ADN de 37 personnes qui ont été plus ou moins proches de Grégory et leur comparaison avec différents profils ADN.


Aurélie SARROT

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