La justice examine ce jeudi la détention provisoire du policier soupçonné d'avoir gravement blessé un jeune homme lors des violences urbaines, à Marseille.
Devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence, l'avocat général a requis le maintien derrière les barreaux du policier, qui a reconnu un tir de LBD.
Sa détention provisoire avait suscité une fronde dans la profession et une polémique politique.

Le policier soupçonné d'avoir gravement blessé un jeune homme lors des violences urbaines à Marseille, début juillet, et qui avait été placé en détention provisoire, doit rester en prison au moins jusqu'à un interrogatoire prévu le 30 août, a requis ce jeudi l'avocat général. La décision revient désormais à la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), qui examine le dossier depuis 8h30. Elle sera connue à 16h.

Le policier de la brigade anticriminalité (BAC) de Marseille est présent et a reconnu lors de déclarations spontanées un tir de LBD dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 juillet. Mais selon son avocat, "rien ne prouve" que ce tir "a impacté" Hedi, jeune homme de 22 ans amputé d'une partie du crâne à la suite de ces événements, qui ont abouti à l'ouverture d'une enquête judiciaire.

Avec trois de ses collègues, le policier a été placé en garde à vue mi-juillet, avant d'être mis en examen. Fait rare, le parquet de Marseille avait requis leur placement en détention provisoire. Seul l'un d'eux a finalement été incarcéré. L'avocat général pointe ce jeudi un risque de "concertation frauduleuse" entre les quatre fonctionnaires en cas de libération, avant l'interrogatoire prévu à la fin du mois.

La cour d'appel "à l'abri des pressions"

Ces dernières semaines, son placement en détention provisoire a suscité une fronde dans certains commissariats. De nombreux policiers ont ainsi multiplié les arrêts maladie en guise de protestation. Le patron de la police, Frédéric Veaux, est, lui aussi, sorti de sa réserve, estimant dans les colonnes du Parisien "qu'avant un éventuel procès, un policier n'a pas sa place en prison". "Le savoir en prison m'empêche de dormir", a-t-il encore déclaré.

Des propos qui ont suscité une vive polémique politique - la gauche a notamment dénoncé une sortie "gravissime" -, arrivée jusqu'au sommet de l'État. Depuis la Nouvelle-Calédonie, où il était en déplacement, le président de la République Emmanuel Macron a alors affirmé sur TF1 "comprendre" l'émotion des policiers, tout en martelant que "nul en République n'est au-dessus de la loi".

Les magistrats ont également été ulcérés par ces propos. Avant la décision de ce jeudi, les chefs de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ont d'ailleurs rappelé qu'il "appartient à l'autorité judiciaire seule de conduire les investigations utiles à la manifestation de la vérité, en toute impartialité et à l'abri des pressions".


I.N

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