Affaire Troadec : ouverture d'un procès hors-norme aux assises de Nantes

M.L. (avec AFP)
Publié le 22 juin 2021 à 6h47, mis à jour le 22 juin 2021 à 8h32
Affaire Troadec : ouverture d'un procès hors-norme aux assises de Nantes

JUSTICE – Ce mardi 22 juin débute le procès d'Hubert Caouissin et Lydie Troadec devant la cour d'assises de Loire-Atlantique. L'homme de 50 ans est suspecté du quadruple meurtre de la famille de son beau-frère.

Le 8 ou le 9 juillet devrait être rendu le verdict dans le procès d’Hubert Caouissin et de sa compagne qui s’ouvre ce mardi devant la cour d’Assises de Loire-Atlantique. Ces deux semaines et demi doivent permettre de passer en revue les circonstances d’un quadruple meurtre particulièrement sordide dont le mobile semble être un différend familial concernant de présumés lingots d’or.

L’ancien ouvrier chaudronnier comparaît pour meurtre, accompagné ou suivi d'un autre crime, et atteinte à l'intégrité de cadavres. Lydie Troadec, quant à elle, doit être jugée pour recel de cadavres et modification des preuves d'un crime. Le premier encourt la prison à perpétuité. La seconde, qui se présente libre devant la cour, risque trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.

"Monsieur tout le monde" ?

Les victimes sont Pascal et Brigitte Troadec, et leurs enfants, Charlotte, 18 ans, et Sébastien, 20 ans. Tous les quatre ont été tués dans la nuit du 16 au 17 février 2017 dans leur pavillon d'Orvault, près de Nantes. La sœur de la mère de famille avait donné l’alerte une semaine plus tard, inquiète de ne pas avoir de nouvelles du couple, une fonctionnaire des impôts et un ouvrier qualifié.

Après tirage au sort des jurés, la première journée d’audience devrait être consacrée à la personnalité de Lydie Troadec, 51 ans. La cour se penchera ensuite sur le profil du principal accusé, un homme de 50 ans obsédé, au moment des faits, par des accusations envers son beau-frère Pascal, qui aurait volé le trésor familial. Une personnalité "mystérieuse" selon l’avocate des parties civiles Me Cécile de Oliveira, que la défense décrit plutôt comme un "monsieur tout le monde qui n’avait pas vocation à devenir (...) un meurtrier".

La fin de la première semaine doit être consacrée aux auditions des enquêteurs et des parties civiles. Au domicile des victimes, la police avait découvert des traces de sang avant d’être orientée par plusieurs membres de la famille vers les deux accusés. Entendu, Hubert Caouissin avait avoué s’être rendu chez les Troadec et les avoir tués à coup de pied-de-biche, se disant assailli par la famille dès l’entrée du garage.

"Délire chronique"

Il avait aussi raconté avoir dépecé les corps au couteau de cuisine dans sa ferme du Finistère, avant de disperser muscles et viscères pour qu’ils soient mangés par des animaux sauvages. Il aurait ensuite procédé à l’incinération d’autres restes et enfoui les crânes sur une plage pour qu’ils soient emportés par la marée

Après l’audition d’Hubert Caouissin, attendue pour le début de la deuxième semaine d’audience, le procès devrait se pencher sur la question de son état psychiatrique. Deux collèges d'experts ont en effet décrit un "délire chronique" de "type paranoïaque" et à "thématique persécutive" dont souffrirait l'accusé au moment des faits.

Selon les juges d’instruction, le fameux trésor de lingots d'or n’a sans doute jamais existé. Me Cécile de Oliveira y perçoit "une fable", comme "un argument qu'il a essayé d'utiliser au maximum". "A l’époque des faits, il n’est plus dans la réalité", estime de son côté la défense. Une question cruciale, puisque si l’altération du discernement au moment des faits est établie par la cour, l’accusé pourrait échapper à la réclusion à perpétuité. Il est écroué depuis mars 2017.


M.L. (avec AFP)

Tout
TF1 Info