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Comment le "cannibale des Pyrénées" a-t-il pu se retrouver en liberté ?

Léa Tintillier | Reportage G. Bellec, C. Hurel
Publié le 23 janvier 2022 à 6h30, mis à jour le 23 janvier 2022 à 17h03
JT Perso

Source : JT 20h WE

FAITS DIVERS - Jérémy Rimbaud, surnommé le "cannibale des Pyrénées", a tenté de récidiver ce mercredi 19 janvier. Il a agressé une septuagénaire à Toulouse. Mais comment a-t-il pu s'échapper de l’hôpital psychiatrique ?

Ce mercredi, le "cannibale des Pyrénées" s’est échappé de l’hôpital psychiatrique de Toulouse. Il a alors agressé une septuagénaire dans la rue de la Balance et a tenté de récidiver. En 2013, Jérémy Rimbaud, un ancien militaire aujourd’hui âgé de 34 ans, avait mangé le cœur et la langue d’un nonagénaire qu’il avait tué. 

Une heure après son crime, il avait attaqué un agriculteur sur son tracteur avec une barre de fer. Jean Camy témoigne dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article : "On est tombés tous les deux et j’ai pu récupérer la barre de fer. Je lui ai foutu un grand coup dans les côtes et cet individu n’a pas bougé d’un millimètre. C’est là que je me suis aperçu qu’il avait la bouche serrée et les dents ouvertes. Il avait un regard agressif. Il me disait ‘je vais te tuer, je vais te tuer, je vais te tuer’".  

Une commission peut évaluer que son état est suffisamment stabilisé pour qu’il soit transféré dans un hôpital psychiatrique plus classique

Docteur Roland Coutanceau, expert psychiatre

Alors comment a-t-il pu se retrouver dans la rue après un tel crime ? Le professeur Antoine Pelissolo, chef du service de psychiatrie de l’hôpital Albert Chenevier à Créteil (Val-de-Marne) répond. "Il y a des services complètement ouverts dans lesquels on peut venir volontairement. Il y a des unités sécurisées dans lesquelles on peut fermer la porte et où il y a un peu plus de personnel pour surveiller les allées et venues mais il n’y a pas de barreaux partout, il n’y a pas de guérite dans l’hôpital", explique-t-il. 

Neuf ans après, Jérémy Rimbaud n’est plus dans une UMD (Unité pour Malades Difficiles) où il a été interné pendant des années à Cadillac (Gironde). Là, sont maintenus les criminels jugés irresponsables pénalement comme ce cannibale l’avait été après son crime. "Plus leur passage à l’acte a été quelque part spectaculaire, plus la durée où ils sont à l’UMD est longue. Mais à un moment donné, une commission peut évaluer que son état est suffisamment stabilisé pour qu’on se dise qu’il pourrait être transféré dans un hôpital psychiatrique plus classique", détaille le docteur Roland Coutanceau, expert psychiatre. 

En 2004, un autre malade psychiatrique, livré à lui-même dehors, avait assassiné une aide-soignante et une infirmière à l’hôpital de Pau. Lui est toujours enfermé à l’UMD de Cadillac depuis bientôt 17 ans.  


Léa Tintillier | Reportage G. Bellec, C. Hurel

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