Lundi, un jeune homme de 18 ans a attaqué au couteau l'un de ses enseignantes dans son lycée de Chemillé-en-Anjou et a tenté de blesser deux autres élèves.
À l'issue de sa garde à vue ce mercredi, il a été mis en examen pour tentatives d'assassinat et placé en détention provisoire.

Il avait tout prévu et n'a pas caché ses motivations face aux enquêteurs de la brigade de gendarmerie de Cholet. Ce mercredi, à l'issue de sa garde à vue, un lycéen âgé de 18 ans en terminale Bac pro, a été mis en examen pour trois tentatives d'assassinats commises lundi dernier à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire), sur l'une de ses enseignantes et sur deux de ses camarades, a annoncé le procureur de la République d'Angers Eric Bouillard, révélant ainsi que la préméditation avait été retenue. 

"Le mis en cause revendique son intention de tuer. Il précise que c'était pour lui le moyen de mettre fin à une pression qu'il ressentait et qu'il avait aussi envie de savoir ce que c'était de tuer quelqu'un", a expliqué le magistrat face à la presse ajoutant que le jeune homme, inconnu de la police et de la justice, était venu en classe ce jour-là avec deux couteaux achetés le jeudi 23 mai à dessein. 

Aux militaires qui l'ont interrogé, le lycéen a également confié  être "très rancunier" et "avoir eu par le passé des pensées criminelles". "En classe de 5e, il avait déjà pensé que le crime pouvait être un moyen de mettre fin à la pression", a ajouté le procureur insistant sur le fait qu'il ne s'agissait pas de "harcèlement scolaire". "Il évoque quelques moqueries, des comportements, des regards croisés qui ont pu lui déplaire" a-t-il précisé. 

Deux élèves ont échappé aux coups de couteau

Les faits avaient eu lieu en début de matinée lundi dernier dans le lycée polyvalent de l'Hyrôme. Ce jour-là, le mis en cause a commencé ses cours avec sa professeure d'anglais à 9 h 45, le cours précédent ayant été annulé. Quelques minutes plus tard, alors que la porte de la classe venait de se refermer, il s'est saisi d'un couteau et a porté un coup au visage de son enseignante, engendrant un mouvement de panique. 

Deux autres élèves ont été par la suite pris pour cible. L'assaillant a d'abord tenté de porter un coup de couteau au niveau du visage de l'un de ses camarades, l'a esquivé grâce à un mouvement de recul. Un deuxième élève a été, lui aussi, visé "à 6 ou 8 reprises" échappant aux coups portés grâce à une table de classe dont il s'était saisi.

L'enseignante et ses élèves sont finalement parvenus à se mettre en sécurité dans le couloir de l'établissement tandis que l'agresseur présumé a pris la fuite par une fenêtre du bâtiment. Son signalement a été immédiatement donné et le suspect a été interpellé peu après près de la gare. 

Les victimes n'étaient pas précisément visées

Pourquoi a-t-il pris ces personnes pour cibles ? Selon les déclarations du mis en cause, cette enseignante et ces deux élèves n'étaient pas précisément visés. Le lycéen voulait que son geste "se sache" et "pour que ça se sache, un enseignant, c'est pas mal", a déploré le procureur. "Les deux élèves (visés ndlr) ont eu simplement eu le malheur d'être là", a-t-il ajouté. 

Une expertise psychiatrique du jeune homme, qui vivait jusqu'alors avec sa mère et son beau-père, son père étant décédé l'année dernière, sera faite au cours des prochaines semaines. 


Aurélie SARROT

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