L'homme qui a poignardé à mort une infirmière et blessé une secrétaire médicale du CHU de Reims, lundi, a expliqué en "vouloir aux blouses blanches".
Souffrant de "schizophrénie et de paranoïa" sévères, il avait déjà attaqué au couteau des personnes.
L’individu a été mis en examen pour "assassinat" et "tentative d’assassinat" et placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

Le profil de l'homme qui a poignardé à mort Carène Mezino, une infirmière du CHU de Reims, et qui a blessé une secrétaire médicale également présente dans le vestiaire de l'hôpital, se précise. Ce mercredi, trois jours après le drame, le procureur de la République de Reims a livré des précisions sur cet homme qui a tenté de s'enfuir mais a été rapidement interpellé par les forces de l'ordre.  Cet individu a  déclaré aux policiers qu'il en "voulait aux blouses blanches" et qu'il aurait voulu "se venger". 

Le couteau retrouvé dans l'une des poches de son pantalon

Né le 25 février 1964 à Mulhouse et domicilié à Reims, le suspect a été placé en garde à vue à 13h40 pour des faits de tentative d’assassinat dans les locaux du commissariat central de Reims. 

Selon nos informations, la veste qu'il portait au moment de son interpellation était couverte de sang. Dans l'une des poches arrière de son jean, les policiers ont découvert un couteau, de 20cm, lui aussi couvert de sang et qui lui appartenait. Devant les enquêteurs, avoir acheté l'arme "le jour des faits".

Il en voulait aux soignants

Selon nos informations, le suspect aurait tenu des propos incohérents et inquiétants face aux policiers qui l'ont interpellé. Ce dernier aurait en effet déclaré en vouloir au milieu hospitalier car il y aurait été selon lui "maltraité" depuis des années par le milieu psychiatrique. Pour se venger de cette "maltraitance", il aurait donc décidé de s'en prendre à des professionnels. 

D'après le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, qui a tenu une conférence de presse ce mercredi 24 mai, à l'issue de la garde à vue du suspect, ce dernier a en effet reconnu devant les enquêteurs "avoir volontairement agressé les deux membres du personnel de santé en raison de leur qualité et parce qu'il en voulait à la psychiatrie, qu'il qualifiait de 'criminels', 'd'assassins' ou de 'faux jetons'". Le suspect, qui a porté "cinq coups de couteau" à l'infirmière décédée, a par ailleurs reconnu "pensé son forfait depuis plusieurs mois".

"Schizophrénie et paranoïa"

Le suspect souffre de "schizophrénie et de paranoïa", a indiqué le procureur ce mercredi. "Il faisait l'objet de soins psychiatriques depuis 1985, avec de nombreux séjours hospitaliers et était reconnu adulte handicapé", a ajouté le magistrat. 

En 2017, il a arrêté son traitement et était passé à l'acte, agressant au couteau quatre personnes dans un établissement ou service d’aide par le travail (ESAT) "sur fond de pathologie sévère de type syndrome persécutif et psychose chronique". Il n’avait jamais été condamné, mais avait été mis en examen à Châlons-en-Champagne pour des faits de violences aggravées.

"Irresponsabilité pénale", "troubles sévères" et "curatelle"

L'homme avait fait l'objet "d’une ordonnance de transmission de pièces en vue de saisir la chambre de l’instruction de la Cour d’appel pour qu’il soit statué  sur une éventuelle irresponsabilité pénale en raison de l’abolition de son discernement et sur les mesures de sûreté susceptibles d’être prises".

Le magistrat a par ailleurs ajouté que le quinquagénaire "semble souffrir de troubles sévères". Il faisait l'objet depuis plusieurs années d’une mesure de curatelle renforcée de 1998 à 2017. En mars 2019, il a été à nouveau placée sous curatelle renforcée, pendant cinq ans.

L'individu a été mis en examen mercredi après-midi pour "assassinat" et "tentative d’assassinat" et placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Face aux enquêteurs, il n'a manifesté ni remords ni empathie. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.


Aurélie SARROT avec Marie Belot

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