ENQUÊTE - Dans une enquête publiée sur son site, Amnesty International dénonce le "recours excessif à la force" des policiers lors du mouvement des Gilets jaunes. L'ONG les met en opposition aux violences commises par les manifestants ces dernières semaines.
Et si les violences policières avaient été plus graves que celles commises par les Gilets jaunes ces dernières semaines ? C'est en substance ce que met en avant une enquête publiée ce lundi 17 décembre par l'ONG Amnesty International. Pour elle, les forces de l'ordre ont eu un "usage excessif de la force lors des manifestations des Gilets jaunes".
Si l'ONG concède que la tâche des policiers et des CRS est délicate lors de tels rassemblements, il faut "respecter le droit français", rappelle-t-elle. En précisant que les policiers ont "le devoir de maintenir l'ordre public et ne peuvent recourir à la force que lorsque cela est strictement nécessaire".
Or, selon elle, les autorités n'ont pas "exprimé d'inquiétudes concernant le recours excessif à la force par des policiers, qui doit faire l'objet d'une enquête indépendante, impartiale et efficace", en signalant tout de même qu'elle avait condamné "de manière tout à fait légitime" les actes de violence commis par les manifestants.
Un usage "inapproprié" de certaines armes
Selon de nombreux témoignages recueillis de manifestants ou de journalistes, la police a "fait un usage inapproprié des flashball, en tirant sur la foule". Et "elle a aussi lancé des grenades de désencerclement, qui ne devraient jamais être utilisées dans des opérations de maintien de l'ordre." Pour les journalistes, certains auraient été délibérément touchés, peut-on apprendre.
"Les autorités doivent assurer la sécurité de toute personne et veiller à ce que le droit de manifester pacifiquement soit respecté"
Amnesty International
Pour bon nombre d'entre eux, les forces de sécurité avaient réussi à leur confisquer du matériel de protection. "Non seulement ces personnes se sont fait confisquer leurs équipements de protection, mais en plus le simple fait qu'elles soient en possession de tels équipements a été utilisé comme prétexte pour les arrêter", dénonce Amnesty International.
Enfin, l'ONG s'emporte contre l'arrestation d'une centaine de lycéens à Mantes-la-Jolie (Yvelines). "Les autorités doivent assurer la sécurité de toute personne et veiller à ce que le droit de manifester pacifiquement soit respecté", réclame-t-elle.
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