Armes illégales : les Français invités à les remettre aux autorités lors d'une opération inédite

Felicia Sideris & le service police/justice
Publié le 10 novembre 2022 à 13h08
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

L'État organise une opération "inédite" pour retirer les armes détenues illégalement par des particuliers.
Du 25 novembre au 2 décembre, 300 sites de collecte seront créés.
Des aides et un accompagnement sont prévus pour les Français qui s'y rendront.

L'opération peut paraître anecdotique. Mais elle concerne en réalité plusieurs millions de Français. Du 25 novembre au 2 décembre, l'État organise une "opération nationale d'abandon simplifié d'armes". Derrière ce nom à rallonge, une campagne "inédite et historique" qui a pour objectif de retirer de la circulation les quelque cinq à six millions d'armes détenues illégalement par les particuliers. Et les sortir de la clandestinité. 

300 sites spécialement ouverts

Si les autorités estiment qu'environ sept millions d'armes sont détenues légalement en France, dont 5 millions par des particuliers, comme les chasseurs, les tireurs sportifs, les biathlètes ou les agents de sécurité, on sait qu'au moins 2 millions d'armes sont détenues illégalement. Cependant, le ministère de l'Intérieur évalue "de manière empirique" qu'il y en aurait plutôt cinq ou six millions. Il s'agit d'armes héritées, dont les propriétaires sont décédés sans qu'aucune actualisation des enregistrements n'ait été réalisée, ou alors d'armes trouvées. Celles-ci trainent dans des caves, des greniers ou encore des armoires. 

En pratique, cette opération se traduit par l'ouverture, partout sur le territoire, de 300 sites "spécialement ouverts", dans les brigades de gendarmeries, des commissariats, des stands de tirs ou encore des salles communales. Accessibles y compris lors des pauses méridiennes et des week-ends, ils permettront aux détenteurs d'armes de se "dessaisir" de celles-ci auprès de l'État ou de les "enregistrer dans le système d’information sur les armes (SIA)". Les armes concernées sont évidemment les armes à feu et leurs munitions, mais aussi les armes blanches. Interdiction en revanche d'amener sur les sites de collecte des armes de guerre comme des obus, des grenades, des explosifs, de la poudre ou encore des artifices. Il y aura un numéro unique pour alerter la préfecture qui enverra sur place le service de déminage. 

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Pour aider les Français concernés dans cette démarche, les autorités ont mis en place une procédure administrative simplifiée au maximum et la garantie qu'il n'y aura aucune poursuite administrative ou judiciaire. Car le but de l'opération n'est pas naïve. Il ne s'agit pas de viser le grand banditisme, mais une population très loin de toute forme de délinquance, qui est peu informée et de bonne foi. Pour rappel, chaque année, 30.000 armes sont spontanément abandonnées à l'État par des particuliers.

La démarche est donc "inédite, simple et gratuite", comme la décrit le ministère de l'Intérieur sur son site. Les particuliers peuvent se rendre dans l'un des 300 sites ouverts en France. Soit avec une photo de l'arme pour permettre son enregistrement, soit avec l'arme en question pour en être dessaisi. Une collecte à domicile est aussi possible pour les habitants de Paris et sa petite couronne, afin d'éviter le port d'armes dans les transports en commun. La quasi-totalité de ces armes est vouée à la destruction, sauf si elles possèdent une valeur patrimoniale ou historique.


Felicia Sideris & le service police/justice

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