Huit personnes ont été interpellées ces derniers mois dans une vaste "arnaque au président".
Elles se faisaient passer pour le dirigeant d'une entreprise afin de réaliser un faux ordre de virement.
38 millions d'euros ont été détournés, un record.

Le préjudice est estimé à 38 millions d'euros. Un record. Huit hommes, soupçonnés d'être impliqués dans une "arnaque au président" commise en décembre 2021 aux dépens d'un promoteur immobilier parisien, ont été interpellés entre juin 2022 et janvier 2023, annonce ce vendredi le parquet de Paris, confirmant des sources proches de l'enquête.

Parmi eux, six auraient participé au blanchiment de l'escroquerie, et ont été interpellés en région parisienne en juin 2022 et janvier dernier, dont deux sur demande des autorités portugaises. Elles ont été laissées libres sans poursuites à ce stade. Les deux autres ont été arrêtés en Israël en juillet 2022, dans le cadre d'une enquête ouverte par la section financière de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco). Aucune demande d'extradition n'a été formulée jusqu'ici, d'après une source proche du dossier. Au total, 3,9 millions d'avoirs criminels, dont 700.000 euros en cryptomonnaies, ont été saisis.

L'escroc se faisait passer pour un avocat

Le mode opératoire de l'escroquerie dite de "l'arnaque au président" consiste à usurper l'identité du dirigeant d'une entreprise pour convaincre un salarié de réaliser un faux ordre de virement. En décembre 2021, le comptable du promoteur immobilier Sefri-Cime, dont le siège est à Paris, reçoit ainsi l'appel d'un escroc se faisant passer pour un avocat. "Il prétexte une opération confidentielle de rachat de sociétés avec l'accord du président de la société", explique à l'AFP le commissaire Vincent Kozierow, chef de la Brigade des fraudes aux moyens de paiement de la police judiciaire parisienne.

Le comptable reçoit ensuite un courriel usurpant l'identité du PDG qui lui confirme que l'opération est réalisée à sa demande. Au total, plus de 40 virements vont être effectués en quelques semaines pour un montant total de 38 millions d'euros, un record en France. L'escroquerie finit par être découverte et l'entreprise dépose plainte.

À la même période, en Haute-Marne, une entreprise de métallurgie est également victime d'une "arnaque au président" pour une perte de 300.000 euros. Les gendarmes de la section de recherches de Reims, en charge de ce dossier, et la police judiciaire de Paris comprennent très vite, grâce aux exploitations des lignes téléphoniques, qu'ils ont affaire à la même équipe. Les deux affaires sont alors réunies sous l'autorité de la Junalco.

Les enquêteurs, avec l'aide d'Europol, parviennent finalement à remonter les fonds, qui ont transité sur différents comptes bancaires ouverts sous de fausses identités et au nom de sociétés fictives au Portugal, en Espagne, en Hongrie et en Croatie notamment.


I.N avec AFP

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