Attaque terroriste au commissariat de Rambouillet

Assassinat de Stéphanie Monfermé : l'hommage vibrant à une policière au "caractère heureux et serviable"

La rédaction de LCI
Publié le 30 avril 2021 à 13h48
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Source : TF1 Info

SOCIÉTÉ- La cérémonie d'hommage national à Stéphanie Monfermé s'est tenue ce matin en présence notamment de personnalités politiques et de policiers. Elle était présidée par le Premier ministre Jean Castex qui a dénoncé le terrorisme islamiste.

De l'émotion, des larmes, et un sourire, celui de Stéphanie Monfermé, sur un portrait. Ce vendredi matin s'est tenue à Rambouillet, en présence du Premier ministre, Jean Castex, de six ministres et de nombreux policiers, la cérémonie d'hommage à cette agente administrative de 49 ans, assassinée le 23 avril au commissariat de la ville des Yvelines, son lieu de travail, lors d'une attaque terroriste. 

Ne pouvant contenir ses pleurs, une des collègues de la policière a pris la parole en premier, pour évoquer celle qui était aussi une amie, lisant le poème de Simone Veil Il restera de toi. Un autre a évoqué "la gentillesse", la "disponibilité" de la victime, ou encore les chouquettes de la boulangerie de son mari Alain, qu'elle rapportait au commissariat le matin. 

Mariée, et mère de deux jeunes filles âgées de 13 et 18 ans prénommée Anaïs et Élodie, la fonctionnaire administrative a été décrite par comme "discrète", "courageuse", "dévouée" par ses camarades de travail, au cours de discours tenus devant notamment le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ou encore la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

"Elle incarnait la police Française"

Jean Castex est ensuite monté à la tribune pour évoquer cette femme "dotée d’un caractère heureux et serviable", " toujours accueillie à bras ouverts dans ce commissariat dans lequel elle travaillait depuis le début de sa carrière, en 1993, où chacun la connaissait et où elle était un peu comme chez elle".

"Vendredi dernier, peu après 14 heures, Stéphanie Monfermé venait reprendre son service, - le service de ses concitoyens -, lorsqu’un homme a surgi de nulle part pour l’assassiner avec une sauvagerie et une détermination qui font frémir", a rappelé avec douleur le Premier ministre. "Pourquoi cette haine d’un homme à l’égard d’une femme qu’il ne connaissait pas ? Une femme qui ne lui avait jamais rien fait ? Une femme qui n’avait aucune part à ses ressentiments ? Pourquoi ? Eh bien parce que votre collègue incarnait, aux yeux de cet homme dont je me refuse à prononcer le nom, la police Française et donc l’autorité de l’État."

"Toute mort est une mort de trop"

Le Premier ministre rappelé que selon les premiers témoignages "l’assassin aurait invoqué le nom de Dieu". "C’est une insulte sanglante jetée à la face de tous ceux qui croient en un dieu que de mêler la transcendance au crime", a insisté Jean Castex. "Le terrorisme islamiste n’est rien d’autre qu’un fanatisme sanguinaire. Ce fanatisme nous a déclaré la guerre mais c’est une guerre de lâches", a-t-il ajouté, rappelant qu'au moment du crime, "conformément à son statut d’agent administratif", Stéphanie Monfermé "ne portait pas d’arme", qu'elle "n’était pas en faction", "pas en uniforme", "pas chargée d’assurer directement la sécurité sur la voie publique". 

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Il a souligné également "l'immense effroi dans lequel nous a plongé l'ignoble crime de Rambouillet : toute mort est une mort de trop car toute attaque contre la République est une blessure inacceptable pour la communauté nationale", avant de citer Aragon : "Ce matin, nos sanglots forment un même glas."  

La cérémonie s'est achevée avec la remise de décoration de la Légion d'honneur à la policière défunte, et par la diffusion de l'un de ses morceaux préférés, "It's a heartache de Bonnie Tyler". 


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