L'affaire Sophie Le Tan

Affaire Le Tan : Jean-Marc Reiser demande à "être jugé non pas comme le monstre, mais comme un justiciable"

Maurine Bajac
Publié le 5 juillet 2022 à 11h25
JT Perso

Source : Sept à huit

Jean-Marc Reiser, 61 ans, a pris la parole une dernière fois ce mardi matin avant que la cour ne se retire pour délibérer.
Au dernier jour de son procès, l'assassin présumé de Sophie Le Tan, étudiante de 20 ans, a demandé aux jurés de la cour d'assises du Bas-Rhin de rendre un verdict "juste" et "équitable".

Après plus d'une semaine de débats, la cour d'assises du Bas-Rhin rend ce mardi son verdict à l'encontre de Jean-Marc Reiser. Le matin du dernier jour de son procès, devant la cour d'assises du Bas-Rhin, Jean-Marc Reiser, assassin présumé de la jeune étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, a indiqué qu'il s'était "demandé toute la nuit" ce qu'il pourrait "dire" qu'il n'ait pas "évoqué".

"Je vais juste me contenter de dire qu’il n’y avait aucun acte délibéré de ma part le jour des faits ni les jours précédents", a-t-il déclaré. "Je ne sais toujours pas aujourd’hui ce qui s’est passé dans ma tête ce matin-là, j’espère toujours de comprendre. Je me suis replié dans le déni pendant deux et demi, je n’arrivais pas à admettre que j’avais tué une jeune fille de 20 ans qui aurait pu être ma fille", a ajouté l'accusé, âgé de 61 ans, qui comparait depuis lundi 27 juin. 

"Dans cette violence, il n’y avait rien de prémédité"

Debout dans le box, Jean-Marc Reiser a expliqué qu'il ne pouvait "pas reconnaître en public l’horreur de ce qui a suivi la mort". Il a poursuivi en précisant qu'il s'était "retrouvé dans une situation" où il a "fait les mauvais choix". "J'aurais sans doute dû appeler les secours et j’ai fait le mauvais choix", a-t-il insisté. 

Puis, il est revenu sur les circonstances du crime, évoquant "l'horreur", "le démembrement". "Ça n’était pas avouable", a commenté Jean-Marc Reiser devant les proches de la victime. "C’est pour ça qu’il m’a fallu tellement de temps pour reconnaître ce qui s’était passé ce jour-là. Je ne pouvais pas avouer ça (...) Mais dans cette fureur, cette violence, il n’y avait rien de prémédité. Je n’en voulais pas particulièrement à Sophie Le Tan. Je n’avais rien contre elle, je n’avais pas de mobile pour la tuer. J’ai réagi aux insultes, au mépris". 

"Je n’avais rien contre Sophie"

L'accusé a salué les "conditions dignes" du procès et la "dignité de la famille" de Sophie Le Tan. "Je m’attendais à des manifestations de haine, des insultes. Je sais que l’environnement de ce procès n’est pas propice à une justice sereine, qui puisse faire abstraction de cet environnement délétère. On me présente comme un monstre que je ne suis pas, cette haine que j’ai ressentie pendant quatre ans", a assuré l'accusé.

Puis il a demandé à être jugé "sereinement" afin d'avoir "un verdict équitable, juste, pas une exécution judiciaire sommaire". "Je voudrais être jugé non pas comme le monstre, mais comme un justiciable comme les autres", a-t-il dit avant de s'adresser à la famille de Sophie Le Tan.  

"Je sais bien que qu’ils ne pourront jamais me pardonner, que tout ce que je pourrais dire, c’est vain. Je veux juste leur dire que je n’avais rien contre Sophie. Ça se serait passé de la même façon avec quelqu’un d’autre. Il n'y a rien à dire, je suis coupable d’avoir provoqué la mort de leur fille même si je ne l’ai pas voulu. Ça me hantera pour le restant de mes jours", a-t-il conclu. Les jurés se sont ensuite retirés pour délibérer. Le verdict est attendu dans la journée.

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Sophie Le Tan a disparu le 7 septembre 2018, jour de ses 20 ans, après être allée visiter l'appartement de M. Reiser à Schiltigheim, au nord de Strasbourg. Cerné par les preuves, M. Reiser a fini par reconnaître début 2021 avoir tué et démembré la jeune étudiante, des aveux maintenus au procès.


Maurine Bajac

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