Un lycéen de 18 ans a été interpellé et placé en garde à vue lundi à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire).
Il est suspecté d'une agression au couteau envers sa professeure d'anglais, dont la vie n'est pas en danger.
"Il est dans une période de mal-être dans sa vie et il a dit qu'il avait besoin de libérer la pression en s'en prenant à quelqu'un", a indiqué le procureur de la République d'Angers.

Inconnu des forces de l’ordre, "pas de troubles pathologiques patents"… On en sait plus sur le profil du lycéen de 18 ans interpellé et placé en garde à vue lundi 27 mai après avoir agressé au couteau sa professeure d'anglais, dont la vie n'est pas en danger, dans son lycée à Chemillé-en-Anjou (Maine-et-Loire).

"Ce qu'on va écarter, c'est tout le motif religieux, de radicalisation (...), la seule chose qu'il exprime, c'est un mal-être dans sa vie", a déclaré lors d'un point presse le procureur de la République d'Angers, Eric Bouillard, comme le relate l'AFP. Le jeune homme, en terminale bac pro, a été placé en garde à vue et "tient des propos cohérents" auprès des enquêteurs, même s’il n’a pas donné "d’explications claires pour l’instant",  a précisé Eric Bouillard.

"Libérer la pression"

Scolarisé depuis trois ans dans le petit lycée polyvalent de l'Hyrôme, qui accueille 160 élèves, le jeune homme reprenait les cours lundi après une absence pour maladie. Ce lycéen, présenté comme "rieur et rigolard" par ses camarades lors de son retour en début de matinée, était inconnu des services de police ou judiciaires, selon le magistrat. Il ne s'était pas non plus "signalé défavorablement au sein de l'établissement", selon les autorités dans un communiqué publié plus tôt. Il n'y a par ailleurs "pas de notion de harcèlement scolaire", selon le procureur. "Il était introverti", commente pour sa part un élève de seconde de 16 ans, interrogé par l'AFPTV à la sortie du lycée.

La mère du lycéen, dans l'incompréhension après les faits, décrit un adolescent "calme" : "S'il avait des problèmes, il ne nous avait jamais rien dit", a-t-elle témoigné auprès de France 3.

Elle "n'a pas l'air d'avoir été choisie à l'avance"

Selon les premiers éléments de l’audition du suspect, dévoilés par Eric Bouillard, le lycéen affirme qu’il est "dans une période de mal-être dans sa vie et il dit qu’il avait besoin de libérer la pression en s’en prenant à quelqu’un". L’audition du lycéen se poursuit ce mardi. 

La victime, une enseignante "d'un peu plus de 50 ans", est "expérimentée" et connaît "bien son métier". Elle est dans cet établissement depuis plus de vingt ans, ont indiqué le procureur et le directeur académique des services de l'Education nationale, Benoît Dechambre. Elle "n'a pas l'air (...) d'avoir été choisie à l'avance" et l'élève n'avait pas de "grief" contre elle. Elle a eu "simplement le malheur d'être la première (enseignante) de la journée", a ajouté Eric Bouillard. "On est sur une blessure qui, physiquement, est extrêmement légère (...) sur la joue de l'enseignante" mais "l'impact psychologique sur cette enseignante (...) va être beaucoup plus fort", a détaillé Eric Bouillard.

Selon le récit du procureur, à son retour en classe, le lycéen a eu "un échange courtois" avec son enseignante à propos de son absence des jours précédents. Le cours d'anglais, qui se déroule normalement, est marqué par une pause. Alors que le cours reprend dans cette classe de 19 élèves, vers 9 h 45, l'élève "va agripper par derrière cette enseignante, et lui donner un coup de couteau au visage, entraînant un mouvement de panique dans la classe". Cette panique "va le faire quitter la classe en passant par la fenêtre (...) après avoir abandonné son arme". Il est ensuite interpellé "très rapidement" par une patrouille de police municipale, a indiqué Eric Bouillard.

Le couteau, dissimulé dans son sac scolaire, avait été acheté le 23 mai, parmi d'autres courses. "Il voit ce couteau et il l'achète en sachant qu'il allait faire quelque chose avec", a précisé le procureur. Une enquête pour "tentative de meurtre" a été confiée à la brigade de recherche de Cholet mais cette qualification pourra évoluer, a expliqué le magistrat. Une cellule d'écoute psychologique a été mise en place au bénéfice des élèves et de la communauté éducative.


La rédaction de TF1info avec le service police-justice TF1-LCI

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