Attaque du Thalys : ce qu'il s'est exactement passé dans la voiture 12

Le service METRONEWS
Publié le 25 août 2015 à 17h40
Attaque du Thalys : ce qu'il s'est exactement passé dans la voiture 12

JUSTICE – Ayoub el-Khazzani, l'homme de 26 ans soupçonné d'avoir voulu commettre un massacre dans un Thalys vendredi 21 août au soir, a été présenté à un juge mardi. Lors d'une conférence de presse, le procureur de Paris est revenu sur le déroulé précis du carnage évité de justesse vendredi.

Après une quatrième journée de garde à vue, Ayoub El Khazzani, soupçonné d'avoir voulu commettre un carnage dans un Thalys Amsterdam-Paris vendredi, a été présenté à un juge mardi, notamment pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, a annoncé le procureur de la République de Paris.

François Molins a en effet tenu une conférence de presse durant laquelle il est revenu, entre autres, sur le récit du "carnage évité" grâce à l'intervention héroïque à bord du train de plusieurs passagers. "Vendredi, un individu s'enfermait à l'intérieur des toilettes situées entre les voitures 12 et 13 en première classe, en possession d'un sac à dos et d'une valise à roulettes, a détaillé le procureur. Un passager de nationalité française se dirigeait vers les toilettes et patientait 3 à 4 minutes jusqu'à ce que la porte s'ouvre. Ayoub El Khazzani sortait torse nu, un sac à dos sur le ventre, et une arme de type kalachnikov en bandoulière. Le passager tentait de le maîtriser en le saisissant avec les deux mains, et en le repoussant vers le porte-bagages, parvenait à le bloquer environ 15 secondes". 

"El Khazzani perdait connaissance et était ligoté les mains dans le dos"

Mais Ayoub El Khazzani "profitait de l'arrivée d'un contrôleur pour se dégager et se diriger vers la voiture 12. Il faisait alors usage d'une arme et plusieurs détonations étaient entendues par les passagers. Il se retournait vers le premier passager et le mettait en joue mais le passager parvenait à prendre la fuite et alertait le personnel du train thalys. Entendant les détonations et apercevant le suspect, deux hommes de nationalité américaine décidaient d'intervenir", a poursuivi le magistrat qui a ainsi raconté l'intervention héroïque des passagers.

"Au moment où l'individu faisait un mouvement vers le haut sans doute pour prendre son arme, Spencer Stone courait vers le mis en cause, le mettait au sol tandis que l'autre le désarmait. El Khazzani sortait une arme de poing tout en appuyant sur la détente mais aucune balle ne sortait. Alexander Skarlatos réussissait à lui arracher cette seconde arme. Dans la bagarre, El Khazzani utilisait un cutter et blessait Spencer Stone à trois reprises, deux fois derrière le cou et une fois à la main. Malgré cela, les deux Américains aidés de plusieurs passagers, parvenaient à maîtriser Ayoub El Khazzani qui perdait connaissance et était ligoté les mains dans le dos". Le procureur a également énuméré l'arsenal retrouvé sur le jeune homme de 26 ans : "270 munitions pour un fusil d'assaut AKM, un pistolet luger, un cutter, une bouteille de 50 cl contenant de l'essence".

Vidéo de prêches islamistes

L'enquête a également révélé qu'Ayoub El Khazzani avait consulté dans le train, sur son téléphone portable, une vidéo de prêches islamistes appelant au combat. Son parcours, jalonné de zones d'ombre, révèle néanmoins un séjour en Turquie le 10 mai 2015. Il est ensuite retourné en Europe le 4 juin par un vol en provenance d'Antakya, une ville proche de la frontière syrienne. Au cours de sa garde à vue, le suspect a pourtant "nié s'être rendu en Turquie", et simplement reconnu avoir séjourné "cinq à sept mois" à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) en 2014, selon François Molins. Il a également réfuté tout projet terroriste, assurant avoir simplement voulu dépouiller les passagers du train Thalys vendredi. Déclarations qualifiées de "fantaisistes" par le procureur.

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