Un mort après une attaque au couteau à Paris : un assaillant fiché S et suivi pour "troubles psychiatriques très importants"

par Caroline QUEVRAIN avec R. MAILLOCHON
Publié le 3 décembre 2023 à 10h27, mis à jour le 4 décembre 2023 à 10h04

Source : JT 20h WE

Un homme de 26 ans a tué une personne samedi 2 décembre près de la tour Eiffel et en a blessé deux autres.
Armand R., ce Français radicalisé, déjà condamné en 2016 et sorti de prison en 2020, présente des troubles psychiatriques "très importants".

Il est près de 21h ce samedi 2 décembre près du pont de Bir Hakeim, dans le 15ᵉ arrondissement de Paris, lorsqu’un homme armé d’un couteau s’en prend à un couple de passants. L'un d'eux, un touriste allemand né aux Philippines de 23 ans, meurt après les coups portés. 

Son épouse, elle, a la vie sauve "grâce à un chauffeur de taxi qui semble être intervenu", selon Gérald Darmanin. L'assaillant s’en prend ensuite dans le 16ᵉ à deux autres personnes, qu’il blesse à coups de marteau, avant d’être appréhendé. Le profil de cet homme, interpellé par des policiers à l'aide d'un pistolet à impulsion électrique et actuellement en garde à vue, a rapidement été précisé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, venu sur place.

Le point sur l'attaque au couteau survenue à ParisSource : TF1 Info

Armand R. est un Français d’origine iranienne, âgé de 26 ans et né le 21 mars 1997 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Ses parents, non-musulmans, ont fui le régime islamique iranien pour s'installer en France dans les années 1980. 

D’après la description dressée par le ministre de l’Intérieur, dépêché sur les lieux de l’attaque samedi, il présente "des troubles psychiatriques très importants" et "était d’ailleurs sous traitement psychiatrique et neurologique". Il s’agit d’un individu au profil "très instable" et "très influençable", selon une source sécuritaire citée par l’AFP. 

Une vidéo de revendication aurait été postée

Par ailleurs, Armand R. est connu des services de renseignement français et est fiché S pour son radicalisme religieux. Le parquet antiterroriste s’est rapidement saisi et a ouvert une enquête pour des faits d’assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et d’association de malfaiteurs terroriste criminelle. Sur place samedi soir, le ministre de l’Intérieur a précisé les motivations du suspect. "Il aurait prononcé le mot d’Allah Akhbar. Il l’aurait prononcé au chauffeur de taxi qui voulait intervenir, il l’aurait prononcé aux policiers qui me l’ont dit. Il aurait également dit qu’il en voulait à ce qui passait à Gaza et que la France serait complice de ce que faisait Israël. Il aurait dit ‘j’en ai marre de voir des musulmans mourir."

Une vidéo de revendication, postée en ligne peu de temps avant l’attaque, est en cours d’authentification par les enquêteurs. L'homme, masqué dans cet extrait de deux minutes et présenté comme Armand R., y évoque les "crimes contre les musulmans" et explique que "l'État islamique subsistera".

Déjà condamné en 2018, libéré en 2020

L’homme est également connu de la justice, pour deux faits mineurs inscrits à son casier judiciaire, mais aussi et surtout pour une condamnation plus importante. Le 29 juillet 2016, Armand R. est interpellé à son domicile par les renseignements intérieurs (DGSI). Celui qui n’est qu’un étudiant en biologie de 19 ans est soupçonné de préparer une action violente dans le quartier d’affaires de La Défense, à l’ouest de Paris, à l’aide d'une arme blanche.  Armand R. est à ce moment-là en contact avec le djihadiste Maximilien T., qui se trouve alors en zone irako-syrienne et qu'il a rencontré sur un site spécialisé dans les photos de graffitis. Ensemble, ils parlent graffitis mais aussi religion. Ils finissent par se voir physiquement en mars 2015 à Nanterre : lors de ce rendez-vous, Maximilien T. insiste sur le fait qu'il devrait se convertir rapidement. Ce qu'il fait, seul, sept mois plus tard.

Armand R. noue également des "amitiés numériques" avec l’assassin du couple de policiers à Magnanville et celui du Père Hamel à Saint-Etienne de Rouvray, durant l’été 2016.  Des liens uniquement sur les réseaux sociaux, mais l'exploitation de son ordinateur saisi par les enquêteurs de la DGSI tend à confirmer sa radicalisation. Pourtant, à l'occasion de son interrogatoire de première comparution le 2 août 2016, le suspect dit "ne se considérer plus du tout comme musulman", tout en conservant un "comportement dit radical".

Quatre ans plus tard, il affirme aux policiers avoir été en contact sur Twitter avec l’assassin de Samuel Paty. Placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la mort du professeur, il est finalement mis hors de cause, selon une source policière à LCI-TF1, confirmant une information du Parisien. En 2018, il est finalement condamné à cinq ans de prison pour le projet d'attaque à La Défense. À l’époque, la 16ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris considère que ce dernier n’est "pas passé à l’étape supérieure" mais que le "processus de déradicalisation qu’il a entamé reste manifestement fragile", selon les informations du Parisien

Libéré en mars 2020, au bout de quatre ans de détention, Armand R. est ensuite placé sous contrôle judiciaire et sous Micas, un dispositif administratif comparable à un contrôle judiciaire pour prévenir le passage à l’acte terroriste. C'est au terme de sa période d'incarcération que le jeune homme était soumis à un "suivi" psychiatrique, sans hospitalisation. Il vivait depuis dans l’Essonne.


Caroline QUEVRAIN avec R. MAILLOCHON

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