Atteinte d'un cancer, une femme rapatriée de Syrie porte plainte contre ses conditions de détention en France

S.M avec l'AFP
Publié le 22 juillet 2022 à 17h17
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Rapatriée d'un camp en Syrie, la femme de 34 ans est mise en examen pour association de malfaiteurs terroristes, et incarcérée à Sequedin (Nord).
Atteinte d'un cancer du côlon, elle estime sa "santé menacée".
Depuis le dépôt de cette plainte, elle a été admise en unité médicalisée.

Elle estime sa "santé menacée". L'une des Françaises rapatriées des camps de prisonniers djihadistes en Syrie, début juillet, a porté plainte, lundi 18 juillet, contre ses conditions de détention à Sequedin (Nord), n'ayant pas été placée en unité médicalisée alors qu'elle souffre d'un cancer du côlon, a indiqué vendredi son avocat à l'AFP.  

La femme de 34 ans a porté plainte contre X auprès du procureur de la République de Lille pour "refus d'agir pour faire cesser une détention qu'on sait illégale" et "mise en danger délibérée de la vie d'autrui", a précisé Me Emmanuel Daoud. Selon l'avocat, un médecin chargé d'estimer si son état de santé était compatible avec un placement en détention avait estimé que ses "troubles actuels" étaient "incompatibles avec une détention ordinaire".

Depuis le dépôt de la plainte, la mère de famille de quatre enfants a toutefois été admise en UHSI (unité hospitalière sécurisée interrégionale) le 20 juillet, selon le ministère de la Justice. Elle avait "été examinée par un médecin dès son arrivée", a précisé le ministère, dont dépend l'administration pénitentiaire, et celui-ci avait alors estimé que sa prise en charge en détention ordinaire "était adaptée", et un placement en UHSI "pas nécessaire".

Mise en examen pour association de malfaiteurs terroristes

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La détenue, rapatriée le 5 juillet en France du camp kurde de Roj, dans le nord-est de la Syrie, avec ses enfants, a été mise en examen le 6 juillet pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et "abandon matériel ou moral de mineur par ascendant", et incarcérée à Sequedin. Au total, 16 femmes et 35 mineurs, qui vivaient pour certains depuis la chute, en 2019, du groupe État islamique (EI) dans des camps du nord-est de la Syrie, ont été alors ramenés en France. 

La plaignante avait quitté la France en 2015 après s'être convertie à l'islam, avec ses trois premiers enfants et son compagnon djihadiste, qui a été tué. Son deuxième mari, un autre membre de l'EI, est aussi décédé. Lors de sa détention en Syrie, elle a fait l'objet, selon son avocat, de deux opérations chirurgicales pour traiter son cancer. Sa mère avait imploré le président Emmanuel Macron, en juin, de la rapatrier, en appelant à son "humanité"


S.M avec l'AFP

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