Aube : après avoir frappé ses jumeaux à la hachette, le père n'en "conserve aucun souvenir"

Publié le 12 janvier 2023 à 15h27

Source : JT 13h Semaine

L'homme de 46 ans interpellé après trois jours de cavale a été mis en examen, mercredi, pour "tentatives d'assassinat" et "destruction de bien par incendie".
Ce père de famille avait pris la fuite vendredi soir après avoir frappé ses deux enfants à la hachette, blessé sa femme et brûlé leur maison.

Lundi 9 janvier au soir, un homme appelait le 17 pour signaler la présence d'un individu dans l'une des dépendances de sa maison, située dans l'Aube. Un peu plus tard, les gendarmes interpellaient le suspect qu'ils recherchaient depuis trois jours et pour lequel un appel à témoins avait été diffusé la veille sur les réseaux sociaux et dans les médias. 

L'individu en question avait pris la fuite le vendredi précédent, dans la soirée, après avoir frappé à la hachette ses deux jumeaux âgés de 11 ans et blessé son épouse qui tentait de s'interposer à leur domicile de Montreuil-sur-Barse, commune de 307 habitants située à quelques kilomètres au sud-est de Troyes, dans l’Aube. Il avait ensuite incendié la maison, puis pris la fuite à bord de son véhicule. La mère de famille avait donné l'alerte. Elle et ses enfants avaient été extraits in extremis de leur maison en flammes. 

La voiture du suspect avait été retrouvée le soir même non loin des lieux du crime. Lui demeurait introuvable, malgré l'appel à témoins et une vingtaine d'appels, jusqu'à ce coup de fil, lundi dernier. 

Il conteste toute intention d'homicide

"Quand il a été interpellé lundi à 19h35, il présentait des entailles au niveau des bras et une plaie superficielle au cou. Il était en possession d'un couteau mais pas de sa hachette, qui n'a d'ailleurs toujours pas été retrouvée à ce jour. Il a été placé en garde à vue et hospitalisé. Il a subi une intervention chirurgicale sur ses avant-bras mais sa garde à vue n'a jamais été levée", détaille ce jeudi à TF1info la procureure de la République de Troyes, Julie Bernier. 

Face aux enquêteurs, le quadragénaire a reconnu être entré vendredi dernier vers 23h30 par effraction au domicile de son ex-concubine à l'aide d'une hachette et d'un pied de biche. "Il ne conteste pas les coups portés à ses enfants à l'aide de la hachette mais ne conserve toutefois, selon ses dires, aucun souvenir de cette scène. Il conteste toute intention d'homicide mais reconnaît avoir mis le feu à la maison. Sur le mobile, il explique que c'est la réception de la requête introduite par madame devant le juge aux affaires familiales la semaine dernière qui a été l'élément déclencheur et qui a fait qu'il voulait avoir une explication avec son ex", rapporte la magistrate sans que l'on sache pourquoi, subitement, tout a dégénéré. 

Le pied-de-biche a été retrouvé au cours des perquisitions au domicile des victimes. Il avait été acheté par le mis en cause le jour de la commission des faits, comme la hachette, dans un magasin de bricolage de l'agglomération de Troyes. 

Le suspect, qui était sans emploi au moment des faits, a été mis en examen mercredi après-midi pour "tentatives d'assassinat" et destruction de bien par incendie. Il a été placé en détention provisoire. 

Les enfants sont toujours hospitalisés

Les victimes restent sous le choc, une semaine après les faits. Les jumeaux de 11 ans, dont le pronostic vital n'a jamais été engagé, sont toujours hospitalisés. "Ils ont reçu des coups violents de hachette au niveau du visage et du dos notamment. Les blessures sont profondes et extrêmement graves. Leur mère est auprès d'eux", nous indique la procureure de la République. Les trois ont pu être entendus par les enquêteurs mais la magistrate n'a pas voulu de donner de détails sur leurs auditions. 

La procureure rappelle par ailleurs que le couple était séparé depuis l'été dernier. Lui vivait à Troyes, et elle à Montreuil-sur-Barse. Ils se partageaient la garde des enfants. "En août dernier, il y a eu des plaintes réciproques du père et de la mère de famille suite à une scène de violence. L'affaire a été traitée par la gendarmerie. Nous avons estimé que les violences commises par monsieur étaient caractérisées. Seul lui a été poursuivi. Il a été convoqué par un délégué du procureur début décembre et a accepté les mesures proposées, notamment celle de ne pas paraître au domicile de madame. Interdiction qu'il n'a pas respectée vendredi dernier", souligne la procureure. 


Aurélie SARROT

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