L'épineuse question des violences policières

Automobiliste tué à Sevran par un policier : plus de 300 personnes à la marche blanche en mémoire de Jean-Paul

Anastasia Nicolas
Publié le 2 avril 2022 à 17h57
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Plus de 300 personnes ont rendu hommage à Jean-Paul, lors d'une marche blanche organisée entre Aulnay-sous-Bois et Sevran.
Le père de famille guyanais, âgé de 33 ans, a été tué lors d'un contrôle routier par un policier.
L'officier a été mis en examen.

Un dernier hommage en mémoire de Jean-Paul, une première mobilisation pour réclamer la justice. Ce samedi 2 avril, plusieurs centaines de personnes ont participé à la marche blanche entre Aulnay-sous-Bois et Sevran (Seine-Saint-Denis) pour l'automobiliste de 33 ans tué il y a une semaine d’un tir de police lors d'un contrôle routier. 

C'est au pied de la cité du Gros-Saule à Aulnay-sous-Bois, où habitent les parents de la victime, que le cortège a pris son départ. Avant de partir, c'est en larme que la compagne de Jean-Paul a appelé "au calme" et demandé "le respect de sa mémoire", lors d'une brève prise de parole.

Ils demandent la "vérité et justice pour Jean-Paul"

Les caméras des journalistes n’étaient pas les bienvenues dans les rangs du cortège. Certains médias se sont fait expulser par des jeunes du quartier. Selon l'un des avocats de la famille, Maitre Arié Alimi, connu pour son implication contre les violences policières, la famille n'a pas souhaité d'images par "crainte de représailles de la part de policiers"

Un peu plus de 300 personnes, selon une journaliste de l'AFP, ont défilé derrière une grande banderole sur laquelle été écrite "Vérité et justice pour Jean-Paul (1988-2022)". Un portrait du père de famille guyanais en costume, le visage souriant, accompagnait l'inscription. 

Après deux heures de déambulation, le cortège s'est arrêté devant un feu de la circulation. Celui où Jean-Paul a été atteint d'une balle tirée par un policier de la brigade anti-criminalité (BAC) d'Aulnay-sous-Bois qui voulait le contrôler alors qu'il conduisait un véhicule signalé comme volé.

Lire aussi

Le fonctionnaire a été mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé samedi le parquet de Bobigny.

"Qu'est-ce que cela veut dire de tirer comme ça en pleine journée ? Il y avait d'autres moyens de l'arrêter que de le tuer", a dénoncé Samia, une voisine des parents de la victime. "Jean Paul, c'était un bosseur qui livrait des colis". Selon le récit de plusieurs habitants, la victime était un chauffeur indépendant qui travaillait avec un prestataire de livraison de colis.

Les avocats de la famille ont affirmé que la fourgonnette "n'était pas volée". Selon eux,"il y avait un différend avec la personne pour qui il travaillait qui refusait de le payer et qu'il a gardé la fourgonnette en attendant d'être payé". Pour Me Alimi, "le policier n'a aucune raison de tirer, il n'y pas de mise en danger et ne porte pas de brassard police".


Anastasia Nicolas

Tout
TF1 Info