Bas-Rhin : un ancien prof, chef scout et maire adjoint, jugé pour trois viols et 34 agressions sexuelles

La rédaction de TF1info
Publié le 3 octobre 2022 à 16h12
JT Perso

Source : JT 20h WE

Jean-Christophe Karcher, 50 ans, comparait depuis ce lundi et jusqu'au 14 octobre devant la cour d'assises du Bas-Rhin.
Cet ancien professeur de collège est poursuivi pour 34 agressions sexuelles et trois viols.
La plupart des victimes avaient entre 9 et 11 ans.

Les faits ont duré pendant plus de dix ans avant qu'il ne soit inquiété par la justice. Ce lundi matin s'est ouvert devant la cour d'assises du Bas-Rhin le procès d'un professeur de collège, chef scout et maire adjoint, accusé de 34 agressions sexuelles et de trois viols sur des fillettes.

Lunettes rectangulaires, polaire anthracite et cheveux blancs sur un crâne partiellement dégarni, Jean-Christophe Karcher, 50 ans, a pris place dans le box, sans un regard pour l'assistance nombreuse, composée de plusieurs de ses jeunes victimes présumées et certains de leurs parents.

Après l'appel des jurés et des parties civiles, un huis clos partiel a été prononcé à la demande des parties civiles. Étonnamment, seul un journaliste de la presse locale a été autorisé à assister aux débats, ses confrères - y compris l'AFP - étant priés de quitter la salle avant le début des échanges consacrés au parcours de l'accusé.

Une attirance pour le corps des pré-adolescentes

L'ancien premier adjoint au maire, professeur de collège et chef de camp scout, avait avoué au cours de l'enquête son attirance pour le corps des pré-adolescentes. Les victimes, des amies de ses filles pour l'essentiel qui servaient d'"appât", étaient invitées dans la piscine familiale où il imposait le "jeu du requin".

Dans le bassin, Jean-Christophe Karcher en profitait pour saisir les fillettes à pleine main, souvent sur leurs parties intimes, puis sous leur maillot de bain. Après la baignade, suivait le bain, qu'il insistait pour donner à ces enfants en âge de le faire seules, multipliant les attouchements. Venait ensuite le séchage, et des massages, où les petites filles, nues, devaient promettre de garder le secret.

D'autres agressions auraient eu lieu lors de camps scout auquel l'accusé participait. Les faits retenus se sont déroulés entre 2007 et 2018 et la plupart des victimes avaient entre 9 et 11 ans. 

Le père de l'accusé a brûlé des preuves

L'affaire, tentaculaire, a fait vaciller Niederroedern, la bourgade d'à peine 1000 habitants à une trentaine de kilomètres de Strasbourg, d'où l'agresseur et la plupart des victimes sont originaires. La notabilité de l'accusé, très intégré dans la vie locale, a sans doute découragé les victimes et leurs parents dans leur volonté de le dénoncer.

C'est finalement début 2018 qu'une des victimes, devenue lycéenne, s'est confiée à une assistante sociale scolaire sur ce que le père d'une copine lui avait fait subir plus jeune. Le signalement de l'Éducation nationale a permis l'enquête et la libération de la parole pour toutes les fillettes.

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Le père de Jean-Christophe Karcher encourt lui trois ans de prison pour destruction de preuves, et comparaît libre. À la demande de son fils incarcéré depuis fin 2018, cet homme de 80 ans a brûlé dans sa chaudière plusieurs clés USB sur lesquelles se trouvaient très certainement des vidéos des agressions.

Selon son avocate, Jean-Christophe Karcher reconnaît les attouchements mais nie les viols. Le verdict est attendu le 14 octobre.


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