Plus de 40 000 téléphones portables saisis dans les prisons françaises en 2017

Publié le 21 août 2018 à 14h44
Plus de 40 000 téléphones portables saisis dans les prisons françaises en 2017

JUSTICE - Des téléphones portables sont de plus en plus saisis dans les cellules des 180 prisons françaises. Un phénomène qui ne cesse de s'amplifier.

La diffusion d'images de Kaaris en prison a - une nouvelle fois - mis en lumière la facilité avec laquelle, derrière les barreaux, les détenus parviennent à se procurer des téléphones portables. Si en 2016, 33 000 appareils et accessoires avaient été découverts dans les prisons françaises, en 2017, ce sont plus de 40.000 téléphones ou chargeurs,  cartes SIM, etc, qui ont été saisis dans les cellules, a appris l'AFP, ce mardi auprès de la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP).

Les appareils entrent facilement en prison, par projection dans les cours de promenade ou via les parloirs, et circulent en détention à la faveur de divers trafics: ils sont "de plus en plus petits", "certains contiennent très peu de métal et sont pratiquement indétectables", selon des sources syndicales.

En 2017, 40.067 téléphones et accessoires ont été saisis dans les 180 prisons françaises qui comptaient en fin d'année près de 70.000 détenus, contre 33.521 l'année précédente pour environ 68.000 détenus.  Dix ans plus tôt, en 2007, les agents pénitentiaires avaient saisi 4.977 téléphones et accessoires.

La barre des 10.000 a été franchie en 2010, un chiffre déjà atteint aux trois premiers mois de 2018 avec 10.098 saisies au 31 mars, selon les chiffres de l'administration.  Pour la DAP, cette hausse constante s'explique à la fois parce que le nombre de détenus ne cesse d'augmenter, qu'il y a plus de téléphones en circulation et aussi parce qu'ils sont mieux repérés.

Quelles solutions ?

Pour lutter contre cette prolifération, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé en janvier le lancement de deux chantiers: d'une part le déblocage dès cette année d'une enveloppe de 15 millions d'euros pour "garantir un brouillage effectif" des portables, et d'autre part l'installation de 50.000 téléphones fixes en cellule, pour ne pas couper les détenus de leurs proches et favoriser la réinsertion.

Actuellement, on compte 804 brouilleurs en prison dont seuls 10% sont effectifs, rendus très vite obsolètes par les évolutions technologiques.

Le premier établissement équipé simultanément de téléphones fixes et du nouveau système de brouillage sera la prison de la Santé, qui ouvrira ses portes le 7 janvier 2019, après quatre ans de travaux.


La rédaction de TF1info

Tout
TF1 Info