"C'était limite pour les récupérer " : cinq personnes bloquées dans un canyon des Alpes-Maritimes sauvées in extremis

Publié le 3 juillet 2023 à 13h59

Source : Sujet TF1 Info

Samedi matin, cinq personnes parmi lesquelles un père de famille et ses deux enfants, sont parties faire du canyoning dans le clue d'Aiglun, dans les Alpes-Maritimes.
Inquiètes de les voir revenir, les familles des sportifs ont donné l'alerte dans la soirée.
Ils ont été retrouvés, réfugiés derrière une cascade dimanche matin en hypothermie, deux ont dû être hospitalisés.

C'est une nuit d'angoisse qu'ont vécu ces cinq canyoneurs le week-end dernier. Partis samedi matin vers 8 heures de chez eux dans la région niçoise, ce père de famille, ses feux filles jeunes majeures et leurs deux copains sont allés faire du canyon à la clue d'Aiglun, au nord de Nice. Entrés sur le parcours vers 9 h 30 après avoir garé leur voiture, ils auraient dû en ressortir dans l'après-midi...

Mais à 21 h 40, les familles des sportifs, n'ayant toujours pas de nouvelles, signalent leur disparition aux gendarmes. "Nous sommes partis immédiatement sur site. Nous avons dû d'abord vérifier que ces personnes étaient toujours dans le canyon. Pour ce faire, nous sommes allés voir si leurs véhicules étaient bien toujours dans les parkings de départ et d'arrivée. C'était le cas. Par ailleurs, nous avons essayé de géolocaliser les téléphones, mais aucun d'eux ne captait. Eut égard à ces deux éléments, il y avait de grandes chances que ces personnes soient toujours dans le canyon, explique ce lundi à TF1info Jérôme Bourrières, à la tête du Peloton de gendarmerie de haute montagne des Alpes-Maritimes (PGHM 06) et qui est intervenu sur cette opération. 

Alors que la nuit tombe, un survol de nuit est fait sur la zone de recherche par un hélicoptère pour voir si une lumière ou des mouvements sont aperçus plusieurs mètres plus bas. "Le canyon étant profond, étroit et sombre, on ne pouvait pas descendre jusqu'au fond. Les recherches aériennes étant infructueuses, on s'est fait déposer à l'entrée du canyon et nous avons commencé à descendre à l'intérieur. Mais il y avait trop d'eau, la visibilité était réduite. Nous avons dû tout stopper à 1 heure du matin, sans avoir pu secourir le groupe" poursuit le lieutenant de gendarmerie.

"Ils étaient épuisés et frigorifiés"

A 4 h 30 dimanche matin, les militaires repartent sur le canyon rejoint à 6 heures par l'hélicoptère de la Sécurité civile. "Nous avons décidé de refaire un survol aérien de jour avec beaucoup plus de visibilité par rapport à la veille. Là, nous apercevons un bout de corde qui semblait assez récent. Nous décidons de nous faire hélitreuiller sur la zone où elle se trouve. Munis de combinaison, avec des baudriers et des cordes, nous poursuivons la descente du canyon en suivant cette corde qui nous conduira aux victimes. Celles-ci étaient abritées derrière le rideau d'une cascade, dans un petit renfoncement de rocher, en position assez inconfortable, nous relate le lieutenant Jérôme Bourrières. Épuisées et frigorifiées, elles étaient plus qu'heureuse de nous voir arriver. Deux étaient au sec malgré l'humidité, les autres étaient partiellement immergées après avoir passé la nuit partiellement immergées dans une eau qui doit être à 15° maximum". 

Les cinq personnes sont alors en hypothermie. Remontées en haut des rochers, elles ont été prises en charge par les secours. Deux d'entre elles, les deux jeunes femmes, ont été hospitalisées mais leurs jours ne sons pas en danger.  "C'était limite pour aller les récupérer. Sans notre intervention, ils étaient bloqués là, ils ne pouvaient ni avancer, ni remonter, ni descendre, ni reculer. C'était un sauvetage in extremis". 

Plusieurs facteurs dévaforables

Selon les gendarmes, ces canyoneurs ont cumulé plusieurs facteurs défavorables au cours de leur journée : le manque d'expérience, le débit d'eau trop important, la corde bloquée et l'absence de corde de secours.

Cette opération terminée, le lieutenant Jérôme Bourrières tient à rappeler quelques recommandations à l'égard des canyoneurs estivaux. "On parle beaucoup de sécheresse en ce moment, malgré tout, nous avons eu des phénomènes orageux quotidiens entre mai et mi-juin. Certains canyons ont des débuts d'eau beaucoup plus importants que les autres. Il est impératif de vérifier les débits avant de s'engager dans les canyons. Il faut aussi demander conseil à des professionnels voire se faire encadrer par des professionnels pour éviter ce genre de désagrément". 


Aurélie SARROT

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