Car scolaire de Rochefort : à l'occasion du procès qui s'ouvre ce lundi, retour sur la tragédie

Aurélie SARROT
Publié le 28 mars 2022 à 12h06
Hommage aux victimes de Rochefort, un an après le drame

Hommage aux victimes de Rochefort, un an après le drame

Source : AFP

Le 11 février 2016, six adolescents décédaient en Charente-Maritime.
L'autocar qui les conduisait ce jour-là dans leur collège-lycée a été "cisaillé" par un camion benne.
Le chauffeur du camion est jugé à partir de ce lundi pour "homicides et blessures involontaires" devant le tribunal correctionnel de la Rochelle.

Le procès ne doit durer que deux jours mais sera fort en émotions. À partir de ce lundi 28 mars, et jusqu'à mercredi, le tribunal correctionnel de La Rochelle doit juger un chauffeur de camion-benne. Ce dernier comparait pour "homicides et blessures involontaires" à la suite du terrible accident survenu pendant l'hiver 2016. 

Ce jour-là, le camion avait percuté un car scolaire transportant quinze mineurs et jeunes majeurs. Six d'entre eux ont perdu la vie. Deux ont été grièvement blessés. Sept ont été plus légèrement blessés. Retour sur ce drame. 

7h15, le choc

Le 11 février 2016, vers 7h15, à Rochefort (Charente-Maritime), un autocar reliant Surgères à Saint-Pierre-d’Oléron empruntait une déviation au lieu du parcours habituel. Alors qu'il faisait encore nuit et que le ciel était brumeux, le véhicule transportant  15 adolescents était coupé en deux par un camion-benne de la société de BTP Eiffage arrivant en sens inverse. 

L'événement, extrêmement rare, était survenu du fait d'une ridelle, paroi métallique amovible maintenant en place le chargement sur le côté, qui était restée ouverte en position horizontale à 90 degrés, telle une lame géante. Le conducteur du camion ne l'avait aperçue qu'au dernier moment, trop tard pour éviter le drame. 

Un bilan très lourd

Six adolescents, 5 lycéens et 1 collégien, âgés de 15 à 19 ans ont été tués dans ce terrible accident. Deux autre ont été grièvement blessés et sept plus légèrement, mais restent à jamais marqués par cet événement. 

Le drame a choqué Rochefort et plus encore Surgères, à 25 km, où les victimes étaient scolarisées. Et pour cause, les faits ont constitué l'un des plus graves accidents de transport d'enfants en France depuis celui de Beaune en 1982 (53 morts dont 44 enfants).

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Jusqu'à mercredi, les 42 parties civiles vont replonger dans le scénario de la collision, face à un seul homme, le conducteur du camion. Une question sera au cœur des débats : pourquoi cette ridelle était-elle ouverte ? Une position qualifiée d'"inhabituelle" et "dangereuse" par le parquet à l'époque.

Le chauffeur du camion, qui avait 23 ans au moment des faits et qui en a 29 aujourd'hui, encourt 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende. Il est jugé seul, sans son ex-employeur Eiffage, mis en examen fin 2020, mais qui a bénéficié d'un non-lieu confirmé en appel en février, au grand dam de certaines parties civiles. Le délibéré est prévu dans quelques semaines.


Aurélie SARROT

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