C'est lundi que s'ouvrira à Paris le procès de l'attentat de Nice, perpétré le 14 juillet 2016, qui a causé la mort de 86 personnes et fait plus de 400 blessés.
Parmi eux, des enfants dont la vie a été à tout jamais bouleversée.
C'est le cas d'une fillette de 10 ans et de sa mère que le JT de 20H a rencontrées.

Kenza a 10 ans, mais elle ne vit pas comme les autres petites filles de son âge. Elle a encore une tétine, ne se sépare jamais de sa peluche et est en partie déscolarisée. Le soir de l'attentat de Nice, lorsqu'un homme au volant d'un camion de 19 tonnes a foncé sur la foule, sa mère et elle ont échappé de justesse à la mort. Depuis, Kenza est sous anxiolytiques, suivie par une psychiatre dans une structure spécialement aménagée au sein de l'hôpital pédiatrique de Nice après l'attaque.  

Six ans après et malgré son traitement, elle continue d'avoir des crises de panique. "J'ai eu les urgences", s'étonne le médecin. Et sa maman d'expliquer : "Elle faisait une crise d'angoisse où elle hurlait : 'non, non', et d'un coup, elle s'est mise à trembler et à me dire : 'Je ne sens plus ma tête'", relate-t-elle dans la vidéo du JT de 20H en tête de cet article. 

Ce soir-là, elle avait quatre ans et elle ne savait pas ce que c'était la mort et là, elle l'a vue
Hager, la mère de Kenza

La vie de Kenza, quatre ans à l'époque, et celle de sa mère, ont basculé ce soir du 14 juillet 2016 sur la Promenade des Anglais. "Kenza me dit : 'maman, il y a un camion'. En fait, je la plaque au sol et je me couche sur elle. Au bout d'un moment, j'entends un gros bruit. Ce bruit en fait, c'est comme si les stores en fer d'un rideau de magasin se baissaient. Et je vois juste que le camion repart devant moi", se souvient Hager, la mère de la petite fille. 

Le camion conduit par le terroriste passe au-dessus d'elle. "J'entends une voix comme ça : 'maman, tu saignes, maman, tu saignes', et en fait, c'est là que je me souviens que ma fille est couchée sous moi. Elle me regarde en état de choc et elle tremble", poursuit-elle. Depuis, gérer les angoisses de Kenza est devenu le quotidien de sa mère. "Elle dit qu'elle est nulle, qu'elle sert à rien, qu'elle n'arrive pas à maîtriser ses émotions, pourquoi je l'ai faite, pourquoi elle vit cette vie-là. Ce qu'elle a perdu, Kenza, c'est son enfance. Ce soir-là, elle avait quatre ans et elle ne savait pas ce que c'était la mort et là, elle l'a vue", analyse-t-elle.

Comme elle, près de 700 enfants, souvent en état de stress post-traumatique, sont venus consulter au sein du service psychiatrique depuis l'attentat. Six ans plus tard, de nouveaux petits patients arrivent encore. "L'événement peut ressurgir à tout moment. Par exemple, l'enfant va entendre un bruit de camion et à ce moment-là, les images de ce qu'il a vécu vont ressurgir comme un film", assure le Professeur Florence Askenazi, cheffe du service de psychiatrie de l'enfant. 

La mère de Kenza espère désormais que le procès de l'attentat qui se tient à Paris, à partir du lundi 5 septembre, sera la première étape vers leur reconstruction à toutes les deux. 


V. Fauroux - Reportage vidéo : Rym Bey, Alexandra Guillet et Philippe Véron

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