Chauffeur de bus tué à Bayonne : les accusés expriment des regrets

par A.S (avec AFP)
Publié le 15 septembre 2023 à 11h31, mis à jour le 15 septembre 2023 à 14h42

Source : JT 20h Semaine

Le 5 juillet, Philippe Monguillot, 59 ans, marié et père de trois filles, a été frappé par deux passagers dans le bus qu'il conduisait parce qu'il leur avait demandé de mettre un masque sanitaire.
Les deux accusés principaux, âgés de 25 ans sont jugés pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", et un troisième, âgé de 43 ans, pour les avoir aidés.
Les accusés ont exprimé leurs regrets à l'ouverture du procès.

Un mobile futile, une fin tragique et une affaire qui, au début de l'été il y a trois ans, avait bouleversé l'opinion. Le 5 juillet 2020, Philippe Monguillot, 59 ans, marié et père de trois filles majeures, avait été roué de coups par des passagers refusant de porter un masque sanitaire, en pleine période de Covid, dans le bus qu'il conduisait. Laissé en état de mort cérébrale à côté de son véhicule, il avait succombé après cinq jours de coma à l'hôpital.

De ce vendredi 15 septembre à jeudi 21 septembre, trois hommes comparaissent devant la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques pour ces faits. 

Jusqu'à 20 ans d'emprisonnement

Les deux accusés principaux, âgés de 25 ans, déjà condamnés  par le passé pour d'autres faits, sont jugés pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

En état de récidive légale (l'un d'eux était en liberté conditionnelle depuis moins de trois mois le jour de son arrestation), ils sont écroués depuis les faits, aggravés par le statut de la victime, chargée d'une mission de service public. Ils encourent une peine de 20 ans d'emprisonnement.

Un troisième homme, âgé de 43 ans, comparaît pour avoir fourni son assistance aux deux autres, en l'occurrence un appartement, et leur avoir ainsi permis de se soustraire, temporairement, aux recherches de la police.

L'intention d'homicide écartée

À deux jours de l'ouverture du procès, Me Alexandre Novion, avocat de la veuve et des filles de la victime qui s'est confié à l'AFP, redoutait un dossier "traité à la sauvette, comme une bagarre de saloon, avec des hommes à égalité".

Regrettant que l'intention d'homicide ait été écartée, il déplore des "concessions extraordinaires de la part de la justice". Sa cliente Véronique Monguillot, épouse du chauffeur décédé, "ne peut pas aller à ce procès autrement qu'en pensant à un meurtre", dit-il.

"Cette histoire me hante"

La cour d'assises devra faire "du droit et rien que du droit", répond Me Thierry Sagardoytho, avocat du principal accusé, suspecté d'avoir asséné un dernier coup de poing au visage de Philippe Monguillot, provoquant sa chute au sol fatale. "Ce que j'entends raconter sur les plateaux télé et ailleurs n'est que fantasme et provocation à la haine contre un jeune homme qui a toujours admis sa culpabilité sur ce geste." 

Pour Me Frédéric Dutin qui défend le second jeune accusé, son client "ne peut pas être rattaché à ce dernier coup, sans lequel Philippe Monguillot ne meurt pas". "Il n'est pas question de nier la douleur de cette famille mais j'ai l'impression qu'il faut à tout prix associer les deux" hommes à la mort du conducteur, regrette-t-il.

"Je ne suis pas un monstre, je n'ai pas voulu faire ça à Philippe Monguillot. Cette histoire me hante", a assuré, à l'ouverture des débats, le principal accusé, se décrivant comme "une personne normale". Son accusé a déclaré vouloir "payer sa dette à la famille de la victime, même si c'est impossible", et "laver la honte" faite à sa propre famille. 


A.S (avec AFP)

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