Condamné pour le meurtre d'un policier, il est libéré avant son procès en appel

Le service METRONEWS
Publié le 17 septembre 2015 à 8h41
Condamné pour le meurtre d'un policier, il est libéré avant son procès en appel
L'essentiel

JUSTICE - L'homme condamné à vingt ans de prison pour le meurtre d'un policier à la Courneuve en 2011 a été libéré. La date de son procès en appel n'étant toujours pas fixée, la chambre de l’instruction a estimé que le délai était déraisonnable. Une décision qui scandalise les proches de la victime.

L'homme condamné à vingt ans de réclusion en 2011 pour le meurtre d'un policier à la Courneuve a été libéré mercredi. En cause, un délai d'attente anormalement long pour son procès en appel. Une révélation du Parisien qui a scandalisé la famille de la victime. "C’est honteux ! Je suis en colère, triste… Qu'est-ce que cette justice? Ils se sont mis à cinq sur mon fils pour l'assassiner. Ils l'ont battu à mort avant de lui mettre une balle dans la tête. Et maintenant, au bout de cinq ans, il sort !", s'est indignée sur RMC-BFMTV la mère du policier, abasourdie par la nouvelle.

Le 21 février 2009, Aurélien Dancelme, 33 ans, avait été tué d'une balle dans la tête à la Courneuve. Il n'était pas en service ce soir-là mais devait procéder à des vérifications sur des marchands de sommeil. Une bagarre avait éclaté, puis le coup de feu fatal était parti avec l'arme du fonctionnaire, qui avait d'abord montré son brassard et tiré en l'air pour se dégager lorsqu'il avait été pris à partie, rappelle le Parisien.

"Un délai non raisonnable"

Cinq personnes s'étaient retrouvées sur le banc des accusés lors du premier procès devant les assises de Bobigny en octobre 2011, dont deux  deux hommes étaient poursuivis meurtre et complicité. Faute de preuves, l'un n'a été condamné qu'à cinq ans de prison pour violences volontaires aggravées. Deux autres, condamnés à cinq et deux ans de prison pour les violences, ont été libérés quelques semaines plus tard pour vice de forme, détaille le journal. Le cinquième avait été acquitté.

Condamné à vingt ans de prison, l'homme reconnu coupable du meurtre avait fait appel et attendait depuis d'être rejugé à Evry. Quatre ans d'attente qui ont visiblement joué en sa faveur. "La chambre de l'instruction a estimé que le délai d'audiencement n'était pas raisonnable", a relaté son avocat au Parisien. C'est Me Thierry Benkimoun qui avait demandé sa remise en liberté, invoquant le délai d'attente trop long de son client "détenu depuis six ans et demi". Il a été libéré sous contrôle judiciaire mercredi mais n'échappera pas à son procès en appel. A condition qu'une date soit enfin fixée.